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Qui mettra un terme à l’arrogance d’Israël ?

mardi 26 octobre 2010

Abdelaziz Messaoudi

Comme nous l’avons écrit sur les colonnes de notre journal, il y a quelques mois, l’Etat d’Israël a réussi à rejoindre le club prestigieux de l’Organisation de Coopération et du Développement Economique (OCDE).

La protestation de quelques organisations de la société civile internationale n’avait pas été suffisante pour contrer le puissant lobbying des pays occidentaux, aidés en cela, il faut le reconnaître, par la division des rangs palestiniens et la passivité, voire l’indifférence, des pays arabes les plus influents, plus soucieux de s’assurer l’attitude bienveillante des dirigeants israéliens et leurs protecteurs américains que de soutenir concrètement la cause palestinienne.

L’appartenance à l’OCDE obéit non seulement à des critères de prospérité économique et de progrès social, mais également à des exigences de respect des libertés des citoyens et de fonctionnement démocratique des institutions. Or, sur ce dernier point précisément, les arguments sérieux qui démontrent l’invalidité des prétentions israéliennes à faire partie de l’OCDE sont nombreux et sans appel, puisqu’il s’agit d’un pays colonisateur qui pratique à large échelle la discrimination raciale contre les « Arabes de l’intérieur », les massacres répétés et la répression systématique contre le peuple palestinien en lutte pour le recouvrement de ses droits dans les territoires occupés.
Sitôt admis à l’OCDE, Israël ne perd pas d temps pour tenter d’instrumentaliser l’Organisation internationale en lui faisant endosser ses propres prétentions d’annexer Jérusalem –Est, au mépris de la légalité internationale. C’est le sens de la déclaration de son ministre du tourisme, Stas Misezhnikov, qui a estimé que la tenue par l’OCDE d’une conférence sur le tourisme à Jérusalem constituait une reconnaissance internationale de la souveraineté israélienne sur la Ville sainte et de son statut de capitale de l’Etat hébreu !

Une déclaration qui lui a valu, il est vra,i une réponse cinglante du Secrétaire Général de l’OCDE, Angel Gurria.

Mais au-delà de ces guéguerres de déclarations et de contre-déclarations, il est clair qu’Israël, se sachant assuré du soutien indéfectible des Etats-Unis et des puissances occidentales et bénéficiant par là-même d’une totale impunité, ne pourra que continuer à mener imperturbablement sa politique de défi à l’égard du monde entier : refus de lever le blocus inhumain et injuste imposé à Ghaza , rejet des rapports internationaux condamnant ses crimes de guerre durant l’agression de décembre 2008 – janvier 2009 contre ce même territoire, banditisme en haute mer contre la flottille de la liberté (mai 2006) et, tout récemment, un « niet » catégorique à la demande internationale de prolonger le moratoire sur le gel de la construction des colonies pour relancer les négociations avec les Palestiniens.

Et si l’Union Européenne exprime parfois son agacement vis-à-vis de telle ou telle attitude israélienne, sa réaction ne va jamais au-delà de l’expression de sa déception, une déception qui n’allégera d’aucune manière les souffrances du peuple palestinien, auquel on continue de demander patience et résignation. L’annonce du report sine die du sommet de Paris sur le Proche-Orient, dans le cadre de l’U P M, initialement prévu pour la fin octobre, montre, encore une fois, l’impuissance du nouvel outil de partenariat euro-méditerranéen à impulser la coopération entre les pays membres et à contribuer à la résolution des problèmes chroniques de la région, au premier rang desquels se place le problème palestinien. Il est grand temps pour les dirigeants de l’UPM de comprendre que les fausses promesses et les vœux pieux ne pourront jamais se substituer à l’application scrupuleuse des résolutions de l’ONU et à la nécessité de faire entendre raison à l’agresseur israélien, au lieu de l’encourager à se mettre au dessus de la légalité internationale.

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