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A travers la blogosphère

Les mégaprojets suscitent scepticisme et inquiétude

samedi 13 septembre 2008

Baccar Gherib

[bleu marine]Les mégaprojets qui, dans les médias officiels, sont littéralement encensés et présentés comme une véritable manne pour notre économie nationale car appelés à donner un coup de fouet à la croissance et à absorber le chômage, surtout celui des diplômés, font l’objet de beaucoup de réserves sur les blogs qui s’interrogent notamment sur leurs coûts et leurs véritables bénéficiaires.
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Ainsi, dans un post intitulé ça se bouscule chez Sama Dubaï, debatunisie épingle la nouvelle loi – récemment votée par le Parlement, à l’exception des députés d’Ettajdid – dont la vocation est de faciliter l’acquisition par des étrangers, de biens immobiliers en Tunisie et dans laquelle il voit tout simplement une « curieuse allégeance d’un Etat souverain aux exigences d’un puissant investisseur étranger dont le projet n’a rien de social ».

Car, c’est bien de cela qu’il s’agit ! En effet, notre bloggeur ne voit pas de lien entre ce type d’investissement visant la construction de 100 000 logements « haut standing » et l’intérêt général. Il doute très fort de son impact positif sur la dynamique économique et sur l’emploi et il s’interroge, à juste titre, sur les chances des diplômés tunisiens face à ceux de Harvard, sur celles de la bonne vieille entreprise familiale tunisienne face à des géants type Bouygues, Arcelor et d’autres et, enfin sur celles des maçons locaux face à la redoutable concurrence de leurs homologues chinois et pakistanais. Sans compter le grand gâchis
écologique que représente l’exploitation de ces zones (Ariana, le Lac de Tunis, Sedjoumi, etc.) en termes d’habitat pour les oiseaux migrateurs, notamment les flamants roses ! D’ailleurs, cette préférence pour ces zones marécageuses suscite l’ironie d’un autre bloggeur, Big Trap Boy, qui se demande si la Tunisie n’est pas en train d’inventer un nouveau modèle – « marécagiste » – de développement.

Or, ce scepticisme quant aux mégaprojets n’est pas l’apanage de la blogosphère tunisienne. Il serait partagé, nous apprend Carpe Diem, par des experts émiratis qui font part de leurs inquiétudes dans un article de la revue en ligne The National intitulé « Spotlight falls on North Africa ».
Celui-ci développe les doutes des Emiratis qui trouvent ce projet trop ambitieux pour des économies à infrastructures relativement « petites » et restreintes, qui s’interroge sur l’expertise et les compétences de l’industrie tunisienne du bâtiment et qui craint la corruption.

Toujours est-il que loin de se réjouir de la multiplication de ces projets, plusieurs bloggeurs tunisiens s’en inquiètent plutôt et se demandent quelles autres parcelles du territoire vont rejoindre le lac de Tunis, Ariana, Sedjoumi et Zembra pour si peu de retombées, en fin de compte, sur l’économie nationale.

Baccar Gherib

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