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Unis pour la démocratie, unis pour la Tunisie

dimanche 4 juillet 2010

Fethi Touzri

Depuis plus de six mois, des pourparlers se sont engagés entre des partis politiques et des personnalités indépendantes en vue d’une action politique commune. Ces composantes partageaient déjà depuis quelques années une même approche politique.

Le mouvement « Ettajdid », le FDLT, le PTPD, le courant politique « Réforme et Développement » et des personnalités indépendantes, fondateurs de ce projet d’alliance, se sont encore plus rapprochés lors des élections législatives de 2009 et des élections municipales de 2010.
Ils étaient déterminés à apprendre des erreurs passées, à construire sur les acquis du mouvement démocratique et à créer des synergies avec ce qu’ils ont en commun, en vue d’une action politique prodémocratique plus efficace à l’horizon 2014. De ce dialogue politique approfondi, un consensus s’est dégagé pour constituer un outil/instrument de transformation de l’environnement politique du pays, appelé « Alliance pour la Citoyenneté et l’Egalité ».

Certes, quand on évoque le changement politique, nous devons faire preuve d’humilité. D’ailleurs, certains pensent que cette alliance est un non événement, d’autres évoquent un « déjà vu » et, pour les plus sceptiques, « une alliance, c’est du blablabla… », et après, c’est du « business as usuel » ! Mais quoiqu’on en dise, l’ « Alliance pour la Citoyenneté et l’Egalité » (ACE), est, aujourd’hui, une réalité politique. Le changement politique est une affaire de plusieurs acteurs, avec des stratégies très variables. Ce n’est pas juste une affaire entre le pouvoir et l’opposition ; et ce n’est pas non plus comme s’il y avait les bons d’un côté et les mauvais de l’autre. Cette dichotomie n’est d’aucun secours pour la réalité politique de notre pays, et encore moins pour la réalité politique en général.

L’« Alliance » est construite sur des principes bien définis, elle dispose d’une approche commune, d’une finalité pratique et d’un but politique précis ; le tout consigné dans son Projet de déclaration. Et, puisque il s’agit de faire de la politique autrement, il n’était pas question d’ignorer les sujets relatifs à la moralisation de la vie politique et ceux relatifs aux valeurs en partage, même si ces derniers sont d’une complexité et d’une sensibilité extrêmes.

L’ « Alliance » est un processus qui démarre, il crée des attentes parmi les Tunisiennes et les Tunisiens, autour d’une certaine vision des réformes politiques,qui nécessite un climat de liberté, de responsabilité et de participation. Cette Alliance cible, en priorité, la citoyenneté et l’égalité. Elle considère que la diffusion de la culture citoyenne est l’élément crucial pour influencer l’ l’environnement. En ce sens, c’est une alliance dirigée contre l’inertie, l’immobilisme, le retrait de la vie publique et le désespoir. Elle est aussi dirigée contre l’émergence d’un contexte et d’un environnement qui risque d’alimenter l’attractivité de la haine, de la violence et de l’autoritarisme.

Les protagonistes de cette Alliance sont conscients à la fois des limites et des contraintes qui pèsent sur l’environnement politique national. Cet environnement, marqué par les restrictions, le contrôle et la cœrcition, exige des réponses à la mesure de la complexité du contexte politique tunisien.

Le cadre paradigmatique de l’Alliance est basé sur les interactions possibles et nécessaires dans un système complexe. Dans ce cadre, les principes clés sont la réflexion stratégique, le débat citoyen, la participation active, l’information ,pertinente et la maîtrise du jeu d’influence. Dans ce cadre, il y a une marge de manœuvre pour les changements politiques, mais c’est loin d’être simple, comme on veut le faire croire. Plus que jamais, la Réforme Politique doit quitter le roman familial du « microcosme politique » et le « rêve éveillé » des activistes de tout bord pour devenir un souci quotidien de tous, une responsabilité collective, une question d’intérêt national, l’œuvre d’une nation.

C’est aussi une Alliance de raison, et non un marché de dupes. Nous la construisons progressivement, de manière participative, comme une œuvre collective et comme un choix rationnel et motivé. L’Alliance est conçue à la fois comme unité et diversité, elle associe interdépendance et autonomie et permet à la fois la coopération et la compétition. Elle doit offrir à ses constituants des opportunités pour vivre des interactions positives et, surtout, des échanges constructifs ainsi que des attitudes et des comportements fondamentalement démocratiques.
En ce sens, l’Alliance n’est pas une simple manœuvre politique, elle se veut une démonstration de maturité, une promesse à tenir et une expérience de fidélité à l’idéal de liberté et de justice qui anima l’esprit des fondateurs de cette nation moderne et qui continue d’animer les Tunisiens sur plusieurs générations.

Plus que jamais, c’est l’avenir, la capacité de son anticipation et la compréhension de ses tendances qui vont délimiter notre action présente. La modernisation de notre pays, les transformations de notre société, les conflits contingents aux transformations et aux diverses transitions nécessitent des réformes institutionnelles, dans le sens d’une démocratisation de la vie politique.

L’ « Alliance » doit aborder les grandes questions socioéconomiques du pays. Elle devrait susciter des débats sur notre modèle de développement, les défis en matière de bonne gouvernance, de disparités régionales, d’emplois, de gestion des ressources, de système éducatif, d’économie du savoir, de compétitivité économique, ainsi que les enjeux stratégiques d’intégration dans l’espace régional et mondial, dans un contexte de globalisation. L’ensemble de ces facteurs nécessite de nouvelles modalités de gouvernance qui permettent de rendre l’Etat plus efficace, l’économie plus performante et le système social plus équitable, avec un haut niveau de participation et de redevabilité.
Les réformes démocratiques, institutionnelles et de gouvernance sont vitales pour la prospérité économique, la paix sociale, et la sécurité nationale. La mise en œuvre de ces nouvelles modalités de gouvernance sera la tâche politique la plus noble, la plus difficile et la plus complexe à accomplir.

L’ « Alliance » est concernée par ces défis. C’est notre champ de redevabilité et nous assumons pleinement cette responsabilité, qui nécessite, par ailleurs, beaucoup d’habilités et de compétences politiques. Cette Alliance doit impérativement unir les Tunisiens et non les diviser, elle doit consolider l’unité nationale et non la polariser, elle doit favoriser la coopération/compétition et non alimenter les fractures sociales ou idéologiques. Elle doit créer du sens à l’égalité, à la citoyenneté à la liberté et à l’Etat de droit.

Pour atteindre ses objectifs, clairement définis dans son texte fondateur, cette Alliance a besoin de vous et de votre participation. Souhaitons bonne chance à ce nouveau- né du printemps de Tunis.

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