attariq aljadid

Accueil > Français > Edito > Vaincre l’immobilisme : une urgence pour le pays !

Vaincre l’immobilisme : une urgence pour le pays !

lundi 5 juillet 2010

Par Abdelaziz Messaoudi

La situation politique actuelle est caractérisée par l’immobilisme et la suffisance du côté du pouvoir, l’émiettement et l’absence d’une alternative claire et mobilisatrice du côté de l’opposition démocratique.
La situation économique et sociale n’est guère plus reluisante : elle demeure largement tributaire des contingences d’une conjoncture mondiale loin d’être rassurante, au vu des dernières évolutions, particulièrement dans la zone Euro.

C’est dans ce contexte que se profilent les prochaines échéances politiques en Tunisie, notamment les élections présidentielles et législatives, qui suscitent des interrogations mêlées d’inquiétude au sein de l’opinion publique quant aux scénarios possibles de changement (ou du maintien du statu quo) et du cadre politico-juridique dans lequel elles pourraient se dérouler.

Ces interrogations –légitimes et fondées- doivent être examinées et discutées dans le calme et la sérénité, loin de toute passion partisane, l’intérêt supérieur de la Tunisie primant toute autre considération.
Pour sa part, le Mouvement Ettajdid, en tant que composante agissante des forces patriotiques et démocratiques, a pris à ce sujet deux initiatives d’une grande portée politique, afin de défricher le terrain pour un débat national franc, large, et fécond.

La première initiative a consisté à lancer un Appel, à l’occasion du 54ème anniversaire de l’indépendance (20 mars 2010), pour débattre de toutes les questions d’actualité, notamment celles relatives à la problématique de la transition démocratique à l’horizon des prochaines échéances politiques de 2014. Cette initiative s’adresse au pouvoir politique, pour l’inciter à sortir de son immobilisme et à s’ouvrir sur les aspirations grandissantes des citoyens à une vie démocratique qui tarde à s’installer, en dépit des promesses officielles maintes fois réitérées. Elle s’adresse aussi au mouvement démocratique, pour qu’il sorte de ses divisions et prenne les choses plus sérieusement en main.

La deuxième initiative prise par Ettajdid, conjointement avec ses alliés, constitue un pas concret sur la voie du rassemblement des forces démocratiques.

L’apprentissage du travail en commun, initié en 2004 par l’Initiative Démocratique a, en effet, fait son chemin, lentement mais sûrement.
La nouvelle alliance politique, annoncée publiquement le 9 juin 2010, marque une rupture avec la pratique qui a prévalu au sein de l’opposition démocratique jusqu’à maintenant. Une pratique fondée sur la rivalité des leaderships, la prétention d’avoir le monopole de la vérité, la présomption d’être le centre de toute action unitaire et la mise en avant des points de divergence, réels ou supposés, au détriment des convergences, bien réelles celles-ci, sur les réformes politiques dont le pays a besoin.

Cette alliance, adossée à une expérience de travail en commun qui a fait ses preuves lors des élections présidentielle, législatives et municipales de 2009-2010, est construite autour de deux objectifs fondamentaux, porteurs de valeurs essentielles de liberté de démocratie et de justice sociale, qui lui ont donné son nom : « l’Alliance pour la Citoyenneté et l’Egalité », et lui confèrent son identité spécifique.

Le projet de plateforme qu’elle vient de présenter, et qui trace les grandes lignes de son orientation politique, est proposé à la discussion de toutes les parties concernées désireuses d’y prendre part et d’envisager, éventuellement, des formes de collaboration à déterminer d’un commun accord.

Ces initiatives suscitent déjà l’intérêt d’autres composantes de la scène politique nationale. Elles pourraient constituer le prélude à une profonde recomposition de la carte politique, sur des bases claires, lisibles et transparentes. Elles se veulent une invite sincère et pressante à l’ouverture du débat national incontournable sur l’avenir immédiat et à plus long terme de notre pays, à un moment crucial de son développement. Les prochaines échéances électorales pourraient constituer, à ce titre, une occasion précieuse pour amorcer une véritable avancée démocratique.

Pour ce faire, il est nécessaire de proclamer clairement l’attachement aux valeurs républicaines et de s’y conformer, en s’engageant, notamment, à réaliser quelques objectifs majeurs tels que :
- 1- Le respect scrupuleux de la Constitution : toute révision unilatérale étant à rejeter, ce qui signifie que tout amendement constitutionnel devrait être le fruit d’un consensus national ;
- 2- La levée de toutes les restrictions extraconstitutionnelles à l’exercice des libertés publiques et individuelles ;
- 3- La libéralisation de l’information, et notamment de l’audiovisuel ;
- 4- La révision du code électoral, afin de le rendre conforme aux normes et standards internationaux établissant les critères d’élections démocratiques et transparentes.

Le Mouvement Ettajdid ose espérer que ces deux initiatives feront au moins l’effet d’un pavé dans les eaux stagnantes de l’actualité politique nationale et, pourquoi pas, provoquer un déclic salvateur pour faire sauter les verrous qui bloquent tant l’essor et la prospérité de notre pays.

SPIP | Se connecter | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0
Habillage visuel © Andreas Viklund sous Licence free for any purpose