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Harcèlement de journalistes en Tunisie

mardi 6 avril 2010

Aymen Rezgui, notre collaborateur à Attarik Al Jadid, a été interpellé, le 26 mars 2010, par la police alors qu’il était parti effectuer un reportage sur la région de Gafsa, à la veille des élections municipales du 9 mai prochain. Il était en compagnie de Mahmoud Ben Romdhane, quand la police l’a arrêté à Oum Larayess et retenu près d’une heure au poste pour un interrogatoire. Une fois relâché, il n’a pu récupérer sa caméra, sans qu’un reçu ne lui soit délivré, avec une vague promesse d’être recontacté dans le futur à cet effet.

Le procès de Nizar Ben Hassine, correspondant de Radio Kalima et collaborateur de l’hebdomadaire Al-Maouqif, s’est ouvert le 16 mars dernier devant le tribunal de Chebba, dans un climat tendu dû à une forte présence policière. Il est accusé de “troubles à l’ordre public, insultes à l’autorité et atteinte aux bonnes mœurs”. Il risque jusqu’à un an de prison ferme, et le tribunal rendra son verdict le 6 avril prochain.
Il a été convoqué le 23 février dernier, officiellement pour avoir participé le 27 juin 2009 à un sit-in organisé par une association d’étudiants de la ville de Chebba devant le siège de la municipalité. Affaire pour laquelle il avait été déjà convoqué le 27 juin. Mais tout porte à croire que sa convocation fait suite à la diffusion sur le site Internet de Radio Kalima de la seconde partie (sur trois) d’un reportage dans le quartier de la Goulette (banlieue nord de Tunis), montrant l’expropriation illégale de propriétaires.
 

Moez Jemai, collaborateur de Radio Kalima à Gabès et responsable du blog « Pour un peuple tunisien libre », a été interpellé le 29 mars 2010 au domicile d’un de ses amis. Des policiers l’ont mis de force dans une voiture : « Ils ont roulé, roulé, pendant deux heures et demi. Ils m’ont lâché au milieu de nulle part, sans me dire où j’étais », a déclaré Moez Jemai à Reporters sans frontières. Il avait reçu des menaces téléphoniques anonymes le 23 mars dernier, apparemment suite à la publication sur son blog d’un commentaire critique à l’égard de la famille du président. Moez Jemai a porté plainte le 30 mars suite à ces menaces.
 
Le 22 mars 2010, la ministre de la Communication, Oussama Romdhani, a interdit à l’organisation Human Rights Watch d’organiser une conférence de presse dans la capitale à l’occasion du lancement de son rapport « Une prison plus vaste : Répression des anciens prisonniers politiques en Tunisie », sur l’éventail des mesures répressives que les autorités imposent aux anciens prisonniers. Les autorités n’ont fourni aucune raison légale à l’appui de cette décision. L’organisation a cependant organisé, le 24 mars, une réunion d’information dans les bureaux d’un cabinet juridique. Mais des policiers en civil ont physiquement empêché des journalistes et des avocats défenseurs des droits de l’homme de parvenir jusqu’au lieu de la réunion. Finalement, l’organisation Human Rights Watch a présenté, à Paris, son rapport sur la Tunisie et plusieurs médias français et étrangers l’ont abondamment couvert.

Par ailleurs, le site de Radio Kalima-Tunisie et le journal indépendant en ligne Kalima sont bloqués en Tunisie. La société Eutelsat a interrompu, le 18 mars dernier, de manière unilatérale, la diffusion de cetyte radio sur le satellite Hotbird. Reporters sans frontières a écrit à l’entreprise européenne, basée à Paris, afin de lui demander des explications. Elle n’a toujours pas obtenu de réponse.


(Source : communiqué de Reporters sans Frontières, du 31 mars)

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