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Disparition de Mohamed Galbi

Une leçon de trop...

dimanche 7 février 2010

Le chroniqueur Mohamed Galbi a rendu la plume. Il s’est éteint à l’âge de 68 ans. Plein de calembours tragi-comiques à la pointe de son crayon doux-amer. Si Mohamed Galbi tournait des textes courts, rimés, denses et acérés. Le lecteur écorché vif tendait sa joue gauche pour re-cevoir l’humour noir de Lamha, littéralement "oeillade" sur la société, toujours décapante, subtile, meurtrière.

Quatre ou cinq lignes, rien de plus. Mais combien au second degré ! Ce qui nous paraissait extrêmement concentré, était le fruit d’une longue expérience, ramenant l’étudiant parisien en philosophie vers l’unique métier qui l’attendait à Tunis. Rédacteur à l’Agence Tunis-Afrique Presse, où il gravira les échelons jusqu’au dernier : rédacteur en chef. Mais son crayon s’impatientait à monter le podium d’une plume. Il collabore au quotidien arabophone Assabah, y tient une rubrique, la fameuse lamha. "Bilingue" ! Il s’essaye à la caricature. Et, finalement multilingue, au scénario....

Le temps est au recueillement, certes. A la colère aussi. Je ne connaissais pas, comme beaucoup d’autres, la tronche de si Mohamed. Il fallait attendre qu’il parte, pour le voir. Aucune interview répertoriée à la presse nationale. Aucune apparition télé. Alors que des feuillistes, des journaleux, des plumes cassées, bourdonnent comme des moustiques, à l’antenne, nous servent leur banane marron pourrie à la Une des feuilles de choux !!! Alors que des écrivailleurs à la noix courent les continents derrière le dernier prix, filent du coton opposant à toute escale et font du népotisme subversif, à défaut d’une bourse au talent !!! Alors que des petits scribouillards dispersés, montent et remontent les grands chevaux des chroniques perso trop peso, faute d’écrire leur temps...

Alors et alors, si Mohamed est resté chez lui, bien chez lui, derrière un bureau quelconque, grattant la peau à la presse nationale... Tous les matins.

Oui, je l’ai écrit, je l’écris et je l’écrirai : la presse nationale n’est pas pire que les journaux d’opposition. Le bon journalisme est partout. Le mauvais nous colle à la peau. Pour une raison simple, la mauvaise presse a les moyens de sa propagande. Si Mohamed en est une leçon de trop !!!

Jamel HENI

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