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27 janvier : Journée internationale des victimes du nazisme

Le souvenir est le meilleur moyen de prévenir d’autres crimes

mercredi 3 février 2010

Habib Kazdaghli

Votée le 1er novembre 2005, par l’Assemblée générale de Nations-Unies, la résolution 60/7, intitulée « Mémoire de l’holocauste », a décrété le 27 janvier de chaque année « journée internationale de commémoration des victimes du régime nazi pendant la seconde guerre mondiale ».

Le choix de la date du 27 janvier est dû au fait que, ce jour là, en 1945, l’armée rouge avait libéré le camp d’Auschwitz (Pologne), le plus célèbre parmi les camps de concentration mis sur pied par les nazis dans divers pays d’Europe qui étaient sous leur domination.

A l’instar des autres journées instituées par l’ONU, telles que la journée internationale des Droits de l’Homme, la journée internationale de la femme etc..., au cours de cette journée du 27 janvier, l’Humanité entière - Gouvernements, partis politiques, syndicats, société civile et peuples- sont conviés à prendre une part active à des cérémonies de commémoration et de souvenir de la Shoah, qui ont eu désormais un peu partout dans le monde et plus particulièrement en Europe, lieu de déroulement de ces crimes abominables.

En ce qui concerne la Tunisie,. Il faut rappeler que les Nazis sont passés chez nous, qu’ils y sont restés pendant six longs mois, au cours desquels ils ont organisé des rafles sauvages contre nos concitoyens juifs (en particulier à partir du 9 décembre 1942), qu’ils ont mené de force et sous la menace plus de 4000 personnes, réparties dans plus de trente camps de travail obligatoire. Ces camps étaient ouverts dans presque toutes les régions du pays, où périrent plus de 50 travailleurs sous les bombardements ou suite à des exécutions sommaires effectuées par leurs gardiens allemands.

Même s’il n’y a aucune comparaison entre ce qui s’est passé en Tunisie et le sort subi par des millions de juifs et d’ autres minorités en Europe, il faut rappeler à cette occasion que dix-sept déportés juifs, originaires de Tunisie, ne sont jamais rentrés chez eux ; que les communautés juives de Tunis, Djerba, Sfax, Gabès ont été contraintes, sous la menace de liquidation collective, de payer de fortes amendes en argent liquide et en or. Il faut aussi évoquer avec fierté, l’échec des tentatives des Nazis pour pousser la population musulmane à organiser des pogroms contre leurs concitoyens juifs. Il faut évoquer avec fierté que ces mises en échec ont été rendues possible grâce à la position ferme de Moncef Bey et à l’action d’hommes clairvoyants comme M’hamed Chenik, Mahmoud El Materi et Aziz Jallouli. Il faut évoquer avec fierté que des dirigeants politiques tunisiens comme Habib Bourguiba ont appelé, du fond de leurs cellules, leurs compatriotes à entrer en contact avec les représentants des alliés en Tunisie et de s’abstenir de toute collaboration avec les Allemands. Il faut, enfin, rappeler avec fierté que des réseaux de résistants, animés par des communistes, socialistes et gaullistes, ont été constitués en Tunisie pour saboter la présence allemande et favoriser la victoire des alliés qui avançaient, venant d’Algérie.

La Tunisie est donc bien impliquée dans cette page de l’histoire de l’Humanité.

Le 27 janvier est ainsi une journée du souvenir, pour saluer la mémoire de millions de victimes du régime nazi : hommes, femmes, enfants, dont une grande majorité étaient des juifs, mais auxquels il faut ajouter des centaines de milliers de communistes,de prisonniers soviétiques, de résistants, des populations du voyage (les Gitans), des homosexuels… en somme, les catégories, considérées comme dangereuses ou « impures » par le régime nazi. Sa commémoration a été décidée par l’organisation des Nations Unies. Même avec ses imperfections, cette institution, constitue toujours, l’ultime recours des peuples et des Etats pour dénoncer les injustices et les crimes perpétrés ici et là, pour décider des enquêtes sur des agressions injustifiables, comme ce fut le cas de la commission Goldstone sur l’agression israélienne à Gaza. Le devoir de mémoire nous oblige à nous joindre à toutes les forces vives de l’Humanité pour saluer ces morts innocentes victimes de la barbarie nazie, pour s’associer au recueillement à la mémoire de ces millions de victimes innocentes, de bien inscrire ces événements dans le cursus de formation de nos jeunes en leur consacrant la place qui se doit dans nos manuels scolaires, dans nos médias, dans notre mémoire collective. Le souvenir est un garde-fou pour l’avenir, il est le meilleur moyen de prévenir à l’avenir d’autres crimes, d’autres barbaries.


Message du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, à l’occasion de la journée internationale de la Shoah, 27 janvier 2010.

Cette année, les bureaux des Nations Unies du monde entier rendront hommage au patrimoine que nous ont transmis les survivants. D’innombrables hommes, femmes et enfants ont subi les horreurs des ghettos et des camps de la mort nazis et, chose extraordinaire, y ont survécu. Toutes ces personnes nous transmettent un message capital. Un message sur le triomphe de l’esprit humain. Un témoignage vivant du fait que la tyrannie peut s’imposer mais ne peut pas triompher.

Les survivants jouent également un rôle décisif en gardant le souvenir de l’Holocauste vivant pour les générations à venir. Auschwitz-Birkenau, le camp le plus important et le plus tristement célèbre, a été libéré il y a 65 ans jour pour jour. Dans ce camp et dans d’autres, plusieurs millions de personnes ont été systématiquement brutalisées et assassinées. La plupart d’entre elles étaient des Juifs, mais pas toutes. À Auschwitz, plus de 2 000 habitants du « camp familial » qui regroupait les Roms et les Sintis ont été assassinés.

Les survivants de l’Holocauste ne seront pas toujours parmi nous mais la richesse que représente leur survie doit se transmettre de génération en génération. Nous devons perpétuer leurs récits lors de commémorations, par l’éducation, et, surtout, en redoublant d’efforts pour éviter les génocides et autres crimes graves. L’Organisation des Nations Unies soutient sans réserve cette cause. Engageons-nous tous ensemble à mener à bien la mission qu’est la perpétuation du souvenir de l’Holocauste et à défendre le respect de la dignité humaine de chacun.

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