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le prix Nobel Stiglitz à Tunis

Le système doit être régulé !

jeudi 28 janvier 2010

Ce n’est pas tous les jours que l’on a la chance de voir un prix Nobel chez nous, surtout quand il s’agit de Joseph Stiglitz, double prix Nobel (économie et paix), théoricien respecté par ses pairs, ex-chef de la Banque Mondiale et auteur d’un best-seller – critique – sur la mondialisation : « La grande désillusion ». Cette opportunité nous a été offerte par la Banque Africaine de Développement (BAD) qui l’a invité, le 11 janvier dernier, à parler des « options de sortie de crise pour l’Afrique ».

Et, bien sûr, avant d’aborder le chapitre africain, le conférencier devait, dans un exercice imposé, livrer à l’assistance sa perception de la crise financière mondiale et tirer ses principaux enseignements.

C’est ainsi que l’on a eu droit à un réquisitoire en règle contre toutes les thèses libérales prônant une déréglementation tout azimut et, en particulier, la thèse encourageant l’ouverture totale des marchés financiers. Stiglitz estime, en effet, que ces marchés doivent être soumis à un minimum de régulation, ce qui éviterait toutes les dérives qu’ont favorisées les récentes innovations financières qui, en augmentant le risque global du système financier, nous ont menés à la crise.

Celle-ci a mis à mal les dogmes de la théorie libérale, comme la croyance à l’autorégulation du système ou au comportement rationnel des acteurs économiques. De plus, et outre leur inefficacité, les innovations financières sont, à ses yeux, coupables de favoriser les logiques du court terme aux dépens de celle du long terme et, surtout, d’avoir contribué à enrichir les plus riches et à appauvrir les plus pauvres !

Ainsi, et en toute logique, Stiglitz tire des enseignements qui vont dans le sens d’un contrôle majeur des institutions sur les mécanismes du marché. Il appelle, à cet effet, à revoir toute l’architecture de la finance, tout en rappelant le rôle fondamental que les Etats doivent jouer dans la régulation de l’économie.

Mieux encore, et soixante ans après Keynes et son célèbre Bancor resté lettre morte, il prône l’idée d’une banque centrale mondiale et d’une monnaie de réserve internationale en vue de mieux gérer l’économie mondiale.

Il n’y a pas de doute : le néolibéralisme est en perte de vitesse, et la crise a favorisé une prise de conscience des travers des marchés laissés à eux-mêmes et à leur soi-disant capacité d’autorégulation. Ça va encore mieux en le disant … Surtout quand c’est un prix Nobel d’économie qui l’affirme aussi clairement !

B. Gh.

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