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Après l’agression à l’encontre des correspondants d’attariq Rachid Chemli et Amor Kouider :

Liberté de la presse, dites-vous ?

mardi 8 juillet 2008

Il y a quelques semaines à peine, le correspondant de notre journal à Monastir, universitaire et chercheur connu originaire de la région, a été durement malmené pour avoir osé approcher les travailleurs de l’usine « Texto » rassemblés devant le siège du gouvernorat afin de faire entendre leur voix à qui de droit. Nous avons exprimé notre vive indignation et appelé les autorités régionales à prendre leurs responsabilités et à sévir contre les agresseurs qui sont bien connus. Ces dernières avaient promis d’intervenir pour y mettre fin.

Mais voilà que des incidents similaires, voire plus graves, surviennent dans la région tourmentée du bassin minier. Notre correspondant, Amor Gouider, membre connu de la section locale de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme et militant syndicaliste et politique, a été violemment agressé par deux agents de la sécurité dont l’un était en tenue civile et bien connu de notre correspondant…

Les agresseurs ne se sont pas contentés, cette fois-ci, de la violence physique et verbale : ils ont tenu à lui passer un « message clair » : qu’il risque sa vie s’il persiste à suivre le même chemin, précisant que ce message « lui est adressé d’en haut » pour qu’il cesse immédiatement son activité politique et d’information à travers les articles hebdomadaires dont il n’a cessé d’alimenter notre journal depuis le déclenchement de la crise au début du mois de janvier 2008.

Le rôle joué par notre journal dans la couverture sereine et objective des événements est notoire : tout en démontrant le bien-fondé des revendications de la population, il a donné la parole aux représentants réels du mouvement – qui ont fait montre d’un sens aigu de la responsabilité, de pondération et de disposition au dialogue constructif avec les autorités et accepté des solutions « palliatives » pour parer au plus pressé, notamment en matière de chômage, en attendant de trouver des solutions plus efficaces et plus réfléchies sur le moyen et le long terme.

Ce rôle, Amor Gouider y a largement contribué par ces articles réguliers où le « parler-vrai » se conjugue à une véritable « fouille journalistique » des faits et détails et à une observation avisée des mouvements en profondeur qui ont secoué la région minière de fond en comble des mois durant.

C’est cette ligne qui a apparemment dérangé et a amené les commanditaires de cet acte infâme à adresser l’odieux message à notre correspondant.

Amor Gouider répond par une lecture lucide et responsable (voir sa lettre à la rédaction d’Attariq Aljadid) affirmant avec assurance et détermination qu’il ne cédera pas d’un iota sur ses principes.
Qu’il trouve ici notre sympathie et notre solidarité agissante ainsi que nos vives protestations face aux pressions que subissent nos collaborateurs.

Abdelaziz Messaoudi

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