attariq aljadid

Accueil > Français > Actualités nationales > Pour un développement durable et humain dans le bassin minier

Pour un développement durable et humain dans le bassin minier

samedi 21 juin 2008

[bleu marine]Lorsque l’on pense à la région de Gafsa, avec ses centres miniers qui regorgent de poussière et de chômage, la question sociale appelle à des solutions économiques alternatives. Il ne s’agit pas d’ajouter des industries polluantes à l’industrie extractive et de menacer ainsi les équilibres d’un milieu fragile. Certes l’industrialisation n’a pas de limites et l’économie phosphatière sera sans cesse appelée à développer son tissu d’industries connexes. Mais l’environnement dans la région semble gravement atteint, d’où l’urgence de la mise en place d’un plan de développement qui respecte les équilibres écologiques.[/bleu marine]

[vert]Un axe prioritaire de développement : les éco-métiers ou métiers de l’environnement.
[/vert]

Ces métiers constituent un créneau générateur d’emplois, de développement socioéconomique et d’amélioration du cadre de vie. Les politiques industrielles menées depuis des décennies dans le bassin miner ont abouti à un véritable désastre environnemental et paysager (terrils gigantesques, rejets dans le système, pollution atmosphérique, carrières béantes et disgracieuses…) qui confère à cette région un aspect de zone sinistrée et de plus en plus répulsive. Les métiers de l’environnement représentent à coup sûr une opportunité pour les jeunes diplômés de la région moyennant des mesures de formation-requalification, d’accompagnement, de soutien financier et d’hébergement de la part des pouvoir publics.

Les manifestations de la dégradation des sols (érosion hydrique, ensablement, salinisation) sont visibles en de nombreux secteurs du bassin minier, en particulier dans les environs de Redeyef, au niveau du périmètre de Segdoud, dans la cuvette d’Oum Laraïes, au Segui Guebli ou sur les rives de Oued el Miit. Certains travaux de conservation des eaux et sols ont été effectués mais restent insuffisants, d’autres sont mal conçus et ont eu des effets pervers comme les palissades en palmes sèches du Bled Segui. Des petites entreprises de conservation des eaux et du sol sont envisageables et sont susceptibles d’apporter une réponse adéquate au chômage des jeunes et de venir en soutien au secteur de l’élevage.

[vert]L’écotourisme, une mise à contribution de la nature dans le respect de ses équilibres[/vert]

L’écotourisme, en particulier le segment du géotourisme, constitue un autre axe de valorisation des potentialités régionales et un gisement d’emplois. La région se caractérise par une grande diversité paysagère et regorge de géosites d’intérêt scientifique, culturel et historique d’importance nationale et internationale (oasis, formes structurales et éoliennes, sites miniers et fossilifères, gisements préhistoriques, vestiges archéologiques, paysages...). L’intérêt pour ce genre d’offre touristique commence à croître et la valorisation de ces sites permettra d’intégrer la région dans les circuits touristiques et pourrait constituer l’un des produits les plus attractifs du tourisme tunisien en général, et du tourisme saharien en particulier. Une partie de la formation du personnel local (médiateurs culturels ou animateurs de sites, guides) peut être assurée par les géologues de la CPG et par l’université de Gafsa. Un musée, in situ, peut être aménagé dans l’une des mines désaffectées et retracera l’histoire du minerai et des hommes et divers métiers s’y grefferont (communication, évènementiels).

[vert]Une anarchie urbaine à traiter[/vert]

Les villages miniers construits au début du siècle dernier (Metlaoui, Redeyef, Oum Laarayes) offraient jadis au visiteur l’image de petites villes européennes, aménagées selon les goûts et le savoir-faire de l’époque, mais bâties selon un plan régulier, avec des jardins bien aménagés, des maisons modernes offrant toutes les commodités, les rues et places publiques étaient garnies de cafés à terrasses, d’écoles, de centres de soins…etc. Certes, ces aménagements étaient faits pour les cadres de la mine, exclusivement européens, alors que les ouvriers autochtones ou maghrébins étaient relégués dans des ghettos faits de gourbis, de masures et même de grottes aménagées sur les flancs des versants.

Aujourd’hui, ces centres vieillissants (dignes d’être patrimonialisées, ou du moins certains de leurs monuments) croulent de vétusté et de délabrement. Toutes les localités du bassin minier, sans exception, pâtissent d’un développement urbain anarchique, conséquence d’une évolution historique désordonnée. Le traitement paysager et la prise en compte des réalités humaines et sociales à travers un développement urbain harmonieux et une valorisation du cadre de vie ont un caractère transversal, peuvent engager plusieurs métiers (paysagistes, psychologues, hydrologues, entreprises d BTP…) et apporter des réponses aux problèmes sociaux et environnementaux que posent ces localités (pollution, inondations, hétérogénéité des tissus urbains contigus …).

Par ailleurs, divers emplois de proximité sont à développer en particulier dans les secteurs de l’éducation et de la solidarité et qui pourraient constituer des solutions à divers problèmes tels l’échec scolaire ou la délinquance.

K. D.

SPIP | Se connecter | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0
Habillage visuel © Andreas Viklund sous Licence free for any purpose