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Le Mur à Carthage

mardi 5 mai 2009

Ce samedi 18 avril, une jolie pièce de théâtre Duo pour un mur est passée quasiment inaperçue dans la salle ressuscitée de Carthage, le Mad’Art. Il n’y avait malheureusement pas foule pour profiter de la belle prestation des cinq artistes aixois. Le sujet abordé aurait pourtant pu en intéresser beaucoup plus.

Autour du très inspiré comédien Claude Pelopidas, le spectacle mêle mimes, jeux de lumière, sons et la musique de l’altiste et seconde comédienne sur scène Sophie Dutreste. La pièce aborde l’épineux problème contemporain des murs. Si l’on pense d’abord au mur de Palestine et à d’autres remparts tristement célèbres, le mur dans cette pièce prend la forme de multiples obstacles. On y voit l’« empêcheur » de voyager, de voir au delà, de s’aimer… Le mur devient alors une métaphore, un symbole des diverses ségrégations bien réelles que les sociétés produisent.

Au pied du mur.

Souvent seul sur scène, le personnage principal est un homme pensif, enjoué et curieux. Ses seules possessions : une valise et une radio, deux trésors. La musique l’habite et suffit à enchanter sa vie toute simple.

L’érection du mur dans son univers va bouleverser son existence, générer angoisses, peurs, bruits fracassants et devenir un véritable obstacle. Petit à petit, jouer avec cette enceinte lui est interdit, la contourner semble impossible. Il n’est pas résigné pour autant, de l’autre côté on devine la silhouette d’une jolie femme, elle tient un instrument, sa musique émerge bientôt derrière le mur…

En ces temps de cloisonnements, d’institutionnalisations des ségrégations, ce spectacle tombe à pic. Il est à la fois une invitation à la réflexion, à la rêverie mais également à l’engagement. Dans notre monde aujourd’hui, les murs impérialistes, coloniaux, les enfermements nationalistes, les barrières sociales, économiques et politiques sont légion. L’Europe bâtit sa citadelle et les Etats-Unis leur barrière. Les séparations entre les cultures et les religions sont érigées en sciences, des régimes despotiques enferment des gens au sens propre comme au figuré. Face à cela, cette pièce nous convie à penser que, au-delà de sa simple consistance matérielle, le mur est dans nos têtes…. Le savoir est peut être déjà une marque d’espoir.

Après cette première réussie la Compagnie « Ainsi de Suite » va à Chypre, en Palestine, au Mexique et peut être ensuite… de nouveau à Tunis ? La boucle serait ainsi bouclée.

Amin Allal

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