attariq aljadid

Accueil > Français > Actualités nationales > Vous avez dit football professionnel ?

Difficultés financières des clubs tunisiens

Vous avez dit football professionnel ?

samedi 2 mai 2009

A la veille du match qui opposera leur équipe à l’Avenir Sportif de Kasserine, les joueurs de Jendouba Sport ont refusé de monter dans le bus devant les conduire à Kasserine où les attend pourtant un match décisif pour le maintien en ligue « une » professionnelle. Car, leurs différents émoluments (salaires, primes de rendements et autres indemnités) ne leur ont pas été versés.

JPEG - 4.5 ko

Quelques kilomètres plus loin, et pratiquement au même moment, les joueurs du Club Athlétique Bizertin, lui aussi club de ligue « une » professionnelle, font parvenir leur mécontentement à leurs dirigeants via leur capitaine d’équipe et menacent de ne pas jouer, le jeudi 23 avril, leur match de championnat.

Ces deux événements font suite à un autre du même ordre qui a eu lieu loin de nos contrées, mais qui concerne une autre équipe tunisienne, à savoir l’E.G.S. Gafsa. Cette dernière s’étant qualifiée au deuxième tour des éliminatoires de la coupe de la CAF, fit le déplacement en Egypte pour y donner la réplique à l’équipe de harass el houdoud. Les moyens étant sans doute limités, les conditions d’hébergement ne furent pas à la hauteur des attentes pour ne pas dire indécentes – pas de douches, et nourriture tout juste comestible. Ceci provoqua une révolte dans les rangs des joueurs dont l’un deux fut tout simplement giflé par le président du club et chef de la délégation.

Ces événements tragi-comiques nous amènent à réfléchir sur ce professionnalisme instauré en Tunisie, il y a une décennie, en vue de permettre à ce sport de décoller et de mettre aussi un terme à l’hypocrisie qui y régnait et qui faisait en sorte que des amateurs percevaient d’associations à but non lucratif des sommes d’argent conséquentes. Ce professionnalisme est en principe réglementé. Que prévoient alors les textes pour faire face à des situations telles que celles relatés plus haut ?

JPEG - 5.9 ko

Le professionnalisme est régi en Tunisie par une réglementation contenant plus de cent articles et un cahier des charges où il y en a une trentaine. Et tout y est prévu. En effet, il ressort de l’alinéa 4 de l’article 9 de la réglementation du football professionnel que les clubs doivent verser d’une manière périodique et continue les salaires, les avantages et indemnités dus aux joueurs professionnels. Il ressort également du cahier des charges que les clubs doivent tenir une comptabilité réglementaire, gérer d’une manière saine leurs comptes et les soumettre annuellement à une commission fédérale de gestion créée dans le but de vérifier l’état des finances des clubs professionnels. Il est même prévu que si les finances des clubs ne sont pas en conformité avec le cahier des charges, la fédération peut être amenée à prononcer la rétrogradation du club incriminé ! Dans ce cas, comment expliquer que des clubs de la première ligue se trouvent à court d’argent, incapables d’honorer leurs engagements primordiaux ? Alors que leur comptabilité est censée être contrôlée ? Pourquoi ces clubs ne sont-ils pas sanctionnés et rétrogradés ?

JPEG - 4.6 ko

La réponse à cette question nous semble aisée. Car, hormis le fait que cela constituerait un aveu d’échec des pouvoirs publics et risquerait de fausser la compétition, l’application pure et simple de la loi dans ces cas entraînerait des remous incontrôlables dans une population qui se sert du football comme d’un exutoire. Il vaut mieux donc laisser les choses en l’état. Entre-temps, le gouverneur continuera à interférer dans la vie du club,les joueurs à faire grève, les présidents à dépenser leur argent et celui du contribuable… et le public à chanter et à danser.

Mohamed Ali Mekkaoui

SPIP | Se connecter | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0
Habillage visuel © Andreas Viklund sous Licence free for any purpose