attariq aljadid

Accueil > Français > Ecologie > Zembra : La résistance s’organise sur le net

Zembra : La résistance s’organise sur le net

lundi 2 juin 2008

Dès la première livraison d’attariq, celle du 8 février 2008, notre ami Zinelabidine Benaïssa a tiré la sonnette d’alarme à propos d’un mégaprojet touristique qu’un investisseur chinois comptait réaliser dans l’île de Zembra dont notre chère TV7 avait montré la maquette dans le journal de 20 heures.

Depuis, nous étions un peu sans nouvelles concernant l’évolution de cette grave affaire. Il y a quelque temps, cependant, elle vient de rebondir d’une manière vigoureuse et intéressante sur le net grâce au lancement d’une pétition et à la mobilisation de quelques blogs comme COS-MAUX-POLIS, Zizou from Djerba et, surtout, CARPE DIEM et debatunisie.canalblog.

C’est ce dernier, en effet, qui va être à l’origine de la mobilisation des internautes pour la sauvegarde de Zembra. Ainsi, écrit-il, dans son post Sauvons Zembra : « Quand la presse se tait, quand la société civile reste muette, alors nous autres ici sur le net nous avons une petite mission que nous comptons bien accomplir : ouvrir les débats confisqués ».

Pour debatunisie.canalblog, la blogosphère tunisienne doit prendre en charge ce combat non seulement pour « contourner le blocage du monde associatif » et « parce que nos vieux sont fatigués » mais aussi parce que cette cause est celle de l’intérêt général et qu’elle transcende les clivages partisans. De ce point de vue, le combat pour Zembra est le « symbole d’une résistance ». Il peut être à l’origine, en tout cas, d’un vrai dialogue entre les jeunes et le pouvoir. Car, contrairement à celui lancé en grandes pompes, il se fait, lui, dans le bon sens, c’est-à-dire, « de bas en haut ».

CARPE DIEM, quant à lui, s’intéresse, dans son post Zembra en danger, à l’interview accordée par l’investisseur chinois en question, M. Ruo Hong Li, au magazine New African. Notre homme d’affaires cultivé (il cite Ibn Khaldoun) y affirme qu’il peut en quatre ans « transformer cette superficie de 400 hectares peuplée d’oiseaux et de poissons précieux en île de loisirs écologiques ». Ce qui laisse notre bloggeur sceptique qui écrit que « ce que nous offre Huong Li, ce n’est pas de l’écotourisme mais de l’éco-terrorisme ».

Car « la protection intégrale dont a bénéficié l’île depuis 1977 a permis le développement d’une faune et d’une flore uniques au monde (phoque moine, puffins cendrés, goélands argentés et une espèce unique de lapins introduite depuis l’époque des Phéniciens) » qui risquent de pâtir d’un projet qui n’a, en dernière analyse, qu’un intérêt strictement financier.

CARPE DIEM pense, à cet effet, que l’étiquette « écologique » accolée au projet, n’est là que pour dorer la pilule. Car un tel investissement immobilier est trop lourd pour un site aussi petit et fragile et va nécessairement générer une pollution fatale à tous les poissons qui se reproduisent autour de l’île.

Il conclut en posant la question suivante : « Que rapportera ce projet à part des recettes supplémentaires en devises et quelques dizaines d’emplois ? Cela vaut-il le coup par rapport aux risques encourus ? ».

La résistance est donc en train de s’organiser sur le net. Elle commence, déjà, à porter ses premiers fruits. La pétition en ligne pour la sauvegarde de Zembra et de Carthage (où des sites archéologiques précieux sont en voie de déclassement au profit de la promotion immobilière) a recueilli, à ce jour, plus de 270 signatures. Mais Zembra – et Carthage – en méritent beaucoup plus. Alors, à vos ordinateurs* !!

Baccar Gherib

[rouge] Pour signer la pétition « Sauvons Zembra et Carthage », cliquer ici
zembra[/rouge]

Pour voir la maquette du projet et la manchette de notre TV7, cliquez ici

Zembra-TV7

SPIP | Se connecter | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0
Habillage visuel © Andreas Viklund sous Licence free for any purpose