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Journée d’études en hommage à l’historien Claude Liauzu (1941-2007)

Un homme de convictions et un passeur entre les deux rives.

samedi 31 mai 2008

Un an déjà, le 23 mai 2007, disparaissait l’historien français Claude Liauzu. A l’occasion du premier anniversaire de son décès, Ses anciens collègues, ses étudiants devenus, depuis, ses collègues, ont tenu à lui rendre un vibrant hommage en organisant une journée d’étude à l’Institut Supérieur d’Histoire du Mouvement National. Il se dégage des communications et témoignages présentés respectivement par les professeurs : Mounira Chapoutot, Habib Belaid, Leila Blili, Raouf Hamza, Kmar Ben Dana et Férid Khiari, ainsi que du débat qui a suivi, que Claude Liauzu a eu un parcours extraordinaire, qu’il s’agit d’un homme de convictions et d’un vrai passeur entre les deux rives de la Méditerranée.

Claude Liauzu est né à Casablanca le 24 avril 1940, il fait ses études au lycée Lyautey (Maroc) puis à l’Université d’Aix-en Provence. Il milite au sein de l’UEC (Union des étudiants communistes) et au Parti communiste français, il a pris une part active aux luttes anticoloniales et notamment pour l’indépendance de l’Algérie.

Jeune enseignant d’histoire-géographie, accompagné de sa femme Josette (enseignante et militante communiste comme lui), il arrive en 1966 en Tunisie comme coopérant. Ils exercent tous les deux dans les lycées de la ville de Monastir. Après avoir obtenu l’agrégation d’histoire en 1969, il est nommé à partir de la rentrée universitaire 1969-70 comme assistant à l’Université de Tunis.

Son passage à l’Université de Tunis a marqué plusieurs générations d’étudiants, plusieurs d’entre eux sont devenus, à leurs tours, des chercheurs. Ce séjour, fût également déterminant dans les choix de recherche du jeune chercheur. Au cours de son séjour à Tunis, Liauzu entame une thèse de doctorat sur l’histoire du mouvement ouvrier tunisien qui a été préparée sous la direction d’un autre habitué de l’université de Tunis, le professeur André Nouschi. Cette thèse sera soutenue en 1978. C’est en menant cette recherche qu’il sera amené à rencontrer plusieurs militants et syndicalistes tunisiens et à se lier d’amitié avec plusieurs d’entre eux et notamment avec Ali Jrad.

Après son départ de Tunis, il a su garder des liens étroits avec ses anciens étudiants et avec la Tunisie. Il devient professeur à l’Université de Paris VII (Denis-Diderot). Outre l’enseignement de l’histoire, il a été l’animateur de plusieurs projets de recherche. Il fût avec René Gallissot, Raouf Hamza, un des animateurs du projet du dictionnaire du mouvement ouvrier (Le Maîtron). Il a publié une vingtaine d’ouvrages, co-signé une dizaine de publications collectives, il est l’auteur de plus de quatre vingt articles. Parmi ses livres : Les origines du Tiersmondisme figure en bonne place, il a également coordonné l’ouvrage Colonisation. Droit d’inventaire (Paris, Armand Colin, 2004) et dirigé le Dictionnaire de la colonisation française (Larousse, 2007).

S’inscrivant dans les combats citoyens et dans les luttes contre le racisme et les discriminations, CIaude Liauzu est l’exemple de intellectuel engagé, un homme d’idées et de combat. Il a été l’un des plus ardents opposants à la loi française du 23 février 2005 sur le colonialisme. En 2006, suite aux manifestations d’antisémitisme apparues à Tunis, le 10 mars, par un groupe d’étudiants fanatiques et manipulés et ce en marge de la cérémonie à la mémoire de Paul Sebag organisée par un groupe de d’universitaires de la Faculté des Lettres de Manouba, Claude Liauzu prend position et publie un article dans revue Esprit où il présente Sebag au public français et met en garde « contre les manifestations dans les universités du Maghreb ». Son dernier combat a été de dénoncer la création par le président Nicolas Sarkozy d’un ministère associant immigration et identité nationale (le Ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement).

Habib KAZDAGHLI

1 Message

  • Bonjour

    Docteur en Anthropologie historique

    sur la déportation des Maghrébins en Nouvelle-Calédonie
    dont une présence tunisienne

    Je vous félicite pour votre beau séminaire mémoire de notre regretté historien avec lequel je fus en contact depuis ces dernières années notamment sur le dictionnaire de la colonisation à intégrer la dimension de la déportation des Algériens et du sud tunisien en Nouvelle-Calédonie.

    Claude Liauzu a établi plusieurs communications dans le site études coloniales à propos de cette recherche et déportation liée à la période coloniale durant le 19è siècle.
    Vous y verrez sur le site mes références et la préparation de colloques.

    Je travaille avec votre Université et je suis en relation avec Monsieur Jory Mohamed du département d’anthropologie, dans le cadre des échanges entre les deux continents Océanie, Méditerranée et Maghreb.

    Le séminaire en hommage à Claude Liauzu m’intéresse beaucoup et je souhaiterai y participer si cela intéresse le comité d’organisation, je suis en effet sur Alger durant l’époque du mois de Mai et sur Paris, pour des conférences

    je vous remercie pour votre retour de précision
    à ce séminaire

    Très cordialement
    Dr. Mélica Ouennoughi
    Colonisations et déportations
    Territoires d’Outremer
    Maghreb-Méditerranée-Océanie-Outremer
    Nouvelle-Calédonie.
    Email : melica.ouennoughi@gmail.com

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