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Les médecins universitaires en colère

lundi 23 février 2009

Le syndicat général des médecins et pharmaciens hospitalo-universitaires a annoncé une grève de l’enseignement, de l’encadrement et de toutes activités pédagogiques du mardi 10/02/09 jusqu’au samedi 14/02/09, ainsi qu’une grève des soins non urgents le mercredi 11/02/09. Cette grève a été décidée suite à l’échec des longues et laborieuses négociations globales puis spécifiques par rapport aux revendications matérielles concernant la revalorisation de la prime d’encadrement et de recherche.

En effet, ces revendications ne datent pas d’aujourd’hui, mais de plusieurs années déjà. Les autorités de tutelle avaient refusé de négocier ces demandes en dehors des négociations sociales globales. Puis, le bureau national du syndicat a demandé, outre les négociations globales, des négociations spécifiques qui lui ont été accordées.
La proposition des autorités de tutelle a été nettement en deçà des demandes des médecins hospitalo-universitaires, au point d’être humiliante.

Force est de constater que malgré la patience des professionnels du secteur tout au long de plusieurs années de négociation, le résultat a été affligeant.

Rappelons qu’une grève des soins non urgents de deux jours prévue pour les 11 et 12 Mars 2008 avait été annulée en signe de bonne volonté suite à l’accord négocié avec le ministère de tutelle et le premier ministère.

L’assemblée générale qui a eu lieu le 11/02/2009 à la faculté de médecine de Tunis a été marquée par une présence massive. Les médecins universitaires ont exprimé leur colère et leur frustration face au désengagement des autorités. Ils ont surtout condamné leBbureau Exécutif de l’UGTT pour avoir signé un accord humiliant et à l’insu du bureau national du syndicat. Une vague de colère et d’indignation a envahi l’amphithéâtre plein à craquer, quand le bureau a rapporté le refus d’audience demandée avec le ministre de l’enseignement supérieur et ce, avec des propos jugés fort humiliants (rappelons que les hospitalo-universitaires demandent d’être rémunérés pour leur qualité et rôle d’universitaires, chose que le ministère de l’enseignement supérieur ne veut absolument pas accorder).

L’assemblée générale a été ponctué par un vote qui, à l’unanimité, avait entériné deux grandes décisions .
- 1/ De continuer la grève d’enseignement et d’encadrement jusqu’à la date annoncée, et donc de refuser la proposition de l’UGTT qui consistait à arrêter la grève le jour même avec une promesse d’ouvrir de nouvelles négociations dans un mois.
- 2/ D’annoncer, si d’aventure les autorités ne viendraient pas à proposer l’ouverture de négociations urgentes, une nouvelle grève de l’enseignement qui, cette fois, risque d’être ouverte jusqu’à entière satisfaction des revendications.

La carrière hospitalo-universitaire vit actuellement un tournant crucial qui risque d’aboutir à un désengagement des médecins et des pharmaciens hospitalo-universitaires. Les pouvoirs publics doivent prendre conscience que devant les difficultés matérielles et les conditions de travail de plus en plus difficiles, voire même risquées, l’hôpital public, et en particulier les CHU, ne seront plus la référence et ne seront plus à même d’assurer les soins de qualité, l’enseignement et la recherche.

Le départ vers le secteur privé, voire à l’étranger, de nos jeunes AHU et spécialistes est là pour tirer la sonnette d’alarme.

La mise à niveau du secteur public de la santé passe obligatoirement par l’amélioration de la situation matérielle de l’ensemble des soignants et en particulier les médecins et pharmaciens hospitalo-universitaires.
Ces derniers ont bien compris que l’heure était à l’action.

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