attariq aljadid

Accueil > Français > Actualités nationales > Lampedusa : 1200 Tunisiens risquent l’expulsion Le gouvernement italien (...)

Lampedusa : 1200 Tunisiens risquent l’expulsion Le gouvernement italien poursuit la Guerre aux migrants avec la complicité du gouvernement tunisien

lundi 23 février 2009

La situation à Lampedusa continue à se détériorer. Ce matin une révolte s’est déclenchée au centre d’Identification et d’Expulsion de l’Ile où sont retenus plus de 1000 étrangers dont 863 ressortissants tunisiens. La tension était grande suite à des informations publiées par un journal tunisien (Assabah), confirmant un accord conclu ces derniers jours entre les autorités italiennes et tunisiennes en vue de l’expulsion vers la Tunisie de 1200 immigrés (Voir déclaration de l’AG de la FTCR du 7 février 2009).

Un incendie s’est déclenché ravageant la majeure partie du Centre. Les forces antiémeutes sont intervenues brutalement et 14 blessés ont été transférés vers les services hospitaliers de la ville.

Sur place, la population de Lampedusa continue à réclamer la fermeture de centre. Quant au maire, il dépose plainte pour séquestration illégale contre le ministre de l’Intérieur. Ce dernier a déclaré qu’« après l’incendie provoqué par quelques immigrés retenus au centre, il a été décidé de procéder par anticipation au transfert d’une partie des immigrés sur la base du plan du ministère déjà mis en place et qui reste inchangé. (...)Après la révolte de ce matin, la situation est revenue à la normalité. (...)Cependant, une partie du CIE a subi des grands dégâts ce qui le rend inexploitable actuellement. Des travaux de restauration vont immédiatement commencer ».

A l’heure actuelle, près de 900 Tunisiens sont encore en rétention au centre d’Identification et d’Expulsion de Lampedusa.
La Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives :
- Réitère son alerte et sa forte préoccupation concernant la situation à Lampedusa
- Demande la fermeture du centre, la libération et la régularisation de tous les retenus.
- Salue la résistance des migrants contre cette injustice et exprime sa solidarité avec leurs familles, qui s’inquiètent en Tunisie.
- Dénonce l’accord d’expulsion conclu entre les gouvernements italiens et tunisiens.
- Attire l’attention sur la présence parmi les retenus d’un grand nombre d’originaires du Bassin minier de Gafsa qui ont fuit la misère et la répression dans le sang du mouvement de protestation sociale qu’a connu leur région.
- Condamne l’approche du « tout sécuritaire » prônée par l’Europe sur la question des migrants.
- Dénonce la recrudescence inquiétante de discours politiques et médiatiques à caractère xénophobe en Italie, et s’alarme de la banalisation de propos publics qui relèvent de l’appel au lynchage.
- Rend un hommage appuyé à la population de Lampedusa dans son ensemble. Celle-ci résiste magnifiquement aux appels à la haine, et a su faire preuve d’une solidarité et d’une humanité remarquable alors même que ses propres droits sont mis en danger par la politique de militarisation de l’île décidée par le gouvernement italien.
- Lance un appel au mouvement démocratique, aux défenseurs des droits humains et des droits des migrants en Italie, en Europe et dans tout le pourtour méditerranéen pour riposter contre la guerre aux migrants.

Paris, le 18 février 2009.

Pour le Bureau de la FTCR

Mouhieddine CHERBIB

SPIP | Se connecter | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0
Habillage visuel © Andreas Viklund sous Licence free for any purpose