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Luttes du Bassin Minier

A mon héros, l’instituteur engagé !

lundi 23 février 2009

ِCela fait un an et un mois que la révolte populaire et sociale s’est déclarée dans le Bassin minier, sur fond de corruption et d’injustice, et la majorité des universitaires tunisiens semblent indifférents au verdict très sévère, rendu la semaine dernière par la cour d’appel de Gafsa. Nous avons, en effet, tout le mal du monde à faire signer, par nos collègues universitaires, une pétition de soutien aux citoyens emprisonnés !

Dans le même temps, trois membres du Bureau exécutif de l’UGTT signent un accord sur des augmentations salariales pour les universitaires, sans en référer à la direction de la FGESRS. Mais la majorité de la corporation surprend par son apathie. Comme si la situation dégradée de l’université tunisienne ne la concernait pas !

Ces deux événements qui, en apparence, semblent en décalage, sont, en réalité, en parfaite adéquation. Les luttes sociales du bassin minier ont eu pour porte-parole des syndicalistes de l’enseignement de base ou du secondaire. Et les universitaires qui, dans les années 70, étaient à l’avant-garde des luttes sociales et politiques du pays, se distinguent, dans leur majorité, par un état d’esprit démissionnaire. C’est donc bien l’instituteur syndicaliste et engagé qui est, aujourd’hui, le héros de la Tunisie citoyenne qui fait notre fierté.

Les fondements du savoir nous ont été inculqués dès notre plus jeune âge par ce précepteur, ce professeur, ce pédagogue qui nous a appris à être ce que, modestement, nous sommes. Le maître d’école se lève, aujourd’hui, pour protéger ses idéaux de liberté, d’équité et de justice, ses valeurs syndicales de fraternité et de justice sociale. En se dressant ainsi, ce sont symboliquement tous nos principes qu’il défend et renforce.

Mais, aujourd’hui, ce maître d’école est en danger. Le seul fait que ce soit en majorité des instituteurs qui ont écopé des plus lourdes peines (8 ans et un mois d’emprisonnement), le fait qu’on puisse agresser ou, pire, torturer ces instituteurs, devrait réveiller la fibre de la révolte... intellectuelle ! Il est de notre devoir de les soutenir et de relayer leur juste et honorable combat.

Notre université s’en sortira tant que nous aurons des instituteurs de la trempe de Adnan Hajji ou de Bachir Laabidi - ces héros de la Tunisie citoyenne - pour former ses futurs cadres. Elle s’en sortira, aussi, le jour où ses enseignants-chercheurs se rappelleront qu’ils sont avant tout des citoyens.

Ines Abdeljaoued

Une universitaire, fidèle à son Instituteur

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