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Détérioration de la situation des migrants détenus sur l’île italienne Lampeduza

lundi 23 février 2009

Copenhague, 23 février 2009

Le Réseau Euro-Méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) est particulièrement préoccupé par la dégradation de la situation des migrants sur l’île italienne de Lampedusa. Le mardi 18 février, un mouvement de révolte a éclaté au centre d’identification et d’expulsion de l’île. Une partie du bâtiment a été incendiée. Selon des informations reçues par la FTCR, membre du REMDH, les heurts entre migrants et forces anti-émeutes auraient fait 14 blessés.

La situation sur l’île s’est considérablement dégradée à partir du 14 janvier 2009, date à laquelle le Ministre italien de l’intérieur a pris la décision de ne plus transférer les migrants présents vers le continent, mais de les expulser directement depuis l’île. Cette décision a eu pour effet d’encombrer le centre de Lampedusa, sa capacité maximale de 850 places étant largement dépassée. Au 23 janvier 2009, le nombre total de résidents était estimé à près de 1800 personnes). Le 18 février, il était estimé à près de 1000 personnes, dont 863 ressortissants tunisiens.

Au même moment, un accord est conclu entre les autorités italiennes et tunisiennes afin de faciliter le renvoi des migrants tunisiens vers leur pays d’origine. « La conclusion de cet accord pose de nombreuses questions concernant le respect des droits des migrants. Il convient à cet effet de rappeler que la loi tunisienne (article 35 – loi 2004-06) prévoit jusqu’à 6 mois de prison pour toute personne ayant quitté le territoire tunisien irrégulièrement » a déclaré Kamel Jendoubi, Président du REMDH. L’accord a surtout pour effet de faire augmenter la tension au sein du centre, dont les ressortissants tunisiens, principalement ceux issus de la région minière de Gafsa ayant connu de grandes violences policières dernièrement, craignent d’être retournés.

Le REMDH demande aux autorités italiennes de renoncer à sa politique actuelle, visant à maintenir les migrants sur l’île. Il s’oppose à la conversion du centre d’accueil et de premiers soins en centre d’indentification et d’expulsion (CIE). Par ailleurs, le REMDH insiste pour que tout soit mis en œuvre afin de s’assurer que la situation actuelle n’impacte pas l’accès des demandeurs d’asile à une procédure d’asile équitable. Le REMDH rappel par ailleurs aux autorités italiennes leurs obligations internationales, notamment au regard de l’article 3 de la Convention Européenne des droits de l’Homme. Il demande dès lors aux autorités italiennes de ne pas mettre à exécution l’accord conclu avec les autorités tunisiennes et de s’abstenir de ! toute expulsion qui risquerait de mettre en péril la sécurité des migrants.

Dans ce contexte, le REMDH et ses organisations membres ont décidé de l’envoi d’une mission sur l’île de Lampedusa, du 25 au 27 février 2009. Cette délégation sera composée de Claire Rodier (rapporteur de la mission), Mouhiédinne Cherbib (FTCR), Omya Essedick( FTCR) Mokhtar Triffi (LTDH) & Christopher Hein (CIR). La mission s’entretiendra avec les différents acteurs présents sur l’île afin d’obtenir des clarifications sur la situation des migrants et des réfugiés.

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