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Equipe Nationale de football

Vers une désaffection croissante du public ?

samedi 14 février 2009

Mohamed Ali Mekkaoui

En communiquant la liste des joueurs retenus pour affronter la Hollande à Tunis, le mercredi 11 février, le sélectionneur national s’est senti obligé de lancer un appel au public, afin qu’il se déplace en grand nombre, au stade de Radès pour assister au match et encourager ses favoris. Umberto Coelho fut même relayé par les medias, notamment une radio privée de la place, qui insista, via ses animateurs, sur le devoir de remplir les travées du stade tout en informant le public de la soudaine réapparition des bus de la SNT (plus d’une centaine) en vue de lui assurer les conditions décentes du retour.

Pour les non-initiés, une telle attitude est anodine, voire banale, et ne mérite pas que l’on s’y attarde. Mais, pour ceux qui en savent un bout sur l’histoire cette équipe, un tel appel est très surprenant. En effet, depuis quand doit-on supplier le Tunisien pour qu’il vienne voir son équipe donner la réplique à une grande nation du football et voir de près les stars du ballon rond ? Cette interrogation est d’autant plus légitime que l’équipe des Pays-Bas est déjà venue à Tunis en janvier 1994, où elle a été contrainte au partage des points devant cinquante mille supporters déchaînés.

Cet appel est donc lancé parce que, dans l’entourage de la Fédération, on pressent une désaffection du public pour son équipe. Mais à quoi celle-ci serait-elle due ? Aux derniers mauvais résultats de l’équipe de Tunisie qui, malgré la faiblesse de l’opposition (Soudan, Seychelles, îles Maurice), s’est qualifiée dans la douleur, pour le deuxième tour des éliminatoires de la coupe du monde 2010 ? Ou, plus probablement, au profil des joueurs qui la composent depuis quelque temps, désormais ?
En effet, il est clair que les sélectionnés sont de plus en plus nombreux à être recrutés parmi la troisième génération de l’immigration. Ils ne sont pas nés en Tunisie. Ils n’y ont jamais joué et, pour certains, n’y ont jamais mis les pieds et ne parlent pas sa langue. Bref, le public ne les connaît pas. Ainsi, et sans mettre en doute les liens forts qui unissent nos concitoyens vivant à l’étranger à leur pays d’origine, on ne peut que constater l’absence des ingrédients qui suscitent l’osmose entre le public et son équipe.


Elections FIFA

Cuisant revers pour le représentant de la Tunisie

Le mercredi 11 février dernier, à Lagos, se sont déroulées les élections pour le siège du représentant de l’Afrique du Nord à la FIFA. Elles ont opposé le représentant de la Tunisie, M. Slim Chiboub, à celui de l’Egypte, M. Hani Abou Rida. Elles se sont soldées par un cuisant revers pour M. Chiboub qui n’a récolté que 9 voix, contre 43 à son adversaire !!
Pourtant, on nous assurait la veille, sur le plateau d’une émission de sport très suivie d’une chaîne privée, que ces élections ne seraient qu’une formalité pour le représentant de la Tunisie. D’abord, parce qu’il bénéficierait du soutien des personnalités les plus importantes du football mondial comme messieurs Blatter et Platini. Ensuite, parce que son adversaire serait sérieusement plombé par une grave affaire de corruption !! Il faut croire que quelque chose a dû échapper à nos journalistes et experts chevronnés.

Toujours est-il que cette défaite représente un sérieux revers pour les instances de notre football qu’il faudra longuement méditer pour pouvoir un jour redorer notre blason à l’échelle africaine. A bon entendeur, Salut !

I. K.


Mais si, comme l’affirment les mauvaises langues ces joueurs ne se résignent à opter pour la sélection tunisienne qu’après avoir perdu toute illusion de faire partie de la sélection du pays « d’accueil », la question devient encore plus problématique. Il est vrai, en tout cas, que les membres du staff technique n’hésitent pas à se déplacer (au frais du contribuable évidemment) dans les coins les plus reculés de l’Europe pour convaincre ces joueurs d’endosser le maillot rouge des « aigles de Carthage ». Ce qui laisse croire que l’acceptation n’est pas toujours facile à arracher.

Or, à la lecture de la liste des joueurs convoqués pour le match contre la Hollande on rencontre les noms de Camus, Demaii, Seyhi, Ragued, Allagui – d’illustres inconnus pour le public local ! – il semble que la fédération ait fait le choix de persévérer dans cette politique. Quitte à susciter une rupture entre les Tunisiens et leur équipe nationale… Mais pourquoi courir un tel risque ? En réalité, il s’agit là de la conséquence logique d’une politique entamée depuis une vingtaine d’année en matière de sport en général et pour laquelle le résultat prime toute autre considération – ces joueurs pouvant éventuellement, de par leur formation dans les clubs européens, nous rapprocher du niveau international ou du fameux « haut niveau ». Même si le public ne s’identifie pas à eux, le plus important serait de pouvoir tirer le meilleur bénéfice – politique ! – des victoires promises. Encore faut-il les réaliser…

Mohamed Ali Mekkaoui

NDLR : Le match Tunisie – Hollande s’est déroulé face à des gradins à moitié vides.

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