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Témoignage de Saïd Gagui : quelques précisions

dimanche 1er février 2009

Jounaïdi Abdeljaoued

A propos de la lettre de Saïd Gagui publiée par « Attariq Al Jadid » dans sa dernière livraison, attariq 112, il est utile de rappeler certains faits et d’apporter les précisions suivantes.

Cette lettre qui parut effectivement dans les Mémoires de Habib Achour, a été en fait publiée pour la première fois dans le journal du Parti Communiste français « L’Humanité » quelques jours seulement avant la mort de Saïd Gagui, le 9 janvier 1979.

Le manuscrit dicté et signé par Saïd Gagui lui-même fut acheminé en France et remis à la rédaction de l’Humanité par le camarade Serge Adda.

Il a été publié sous forme d’un témoignage sur la répression du mouvement syndical légitime en Tunisie. Ce document bouleversant, et accablant pour les tortionnaires nommément cités par le défunt, a eu un large impact sur l’opinion publique à l’échelle internationale.
Il a été inséré plus tard comme l’une des pièces à conviction d’un dossier complet sur les événements du 26 janvier 1978, dénonçant la répression qui s’est abattue sur les dirigeants et cadres syndicaux, et sur l’ampleur de la solidarité nationale avec l’UGTT.

Ce dossier, destiné à être diffusé auprès des organisations syndicales du Monde entier, a été confectionné à la demande de Feu Abdelaziz Bouraoui, juste après sa libération, sur recommandation des membres détenus du Bureau exécutif légitime dont les camarades Habib Achour et Taïeb Baccouche, par un ensemble d’universitaires et d’enseignants syndicalistes comme Mahdi Abdeljaouad, alors secrétaire général du syndicat de l’enseignement supérieur, Abdelmajid Charfi, Hichem Skik, Ali Mtimet, Mehdi Messaoudi, Feu Hamadi Chaïeb et d’autres.

Grâce à l’appui logistique de la CGT française et de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL), il a été ensuite remis en mains propres à toutes les délégations de travailleurs participant à la 65ème session de la Conférence internationale du Travail tenue à Genève en juin 1979, à laquelle j’ai eu le privilège de représenter la Direction légitime de l’UGTT avec Feu Mohamed Kraïem, secrétaire général de la section fédérale des Cheminots à Sfax. Le témoignage de Saïd Gagui a eu un effet décisif au sein du groupe des travailleurs, ce qui a valu à la motion sur les libertés syndicales en Tunisie présentée par l’UGTA en accord avec les deux principales organisations internationales des travailleurs (la FSM et la CISL), condamnant la répression syndicale en Tunisie, et demandant notamment l’invalidation des mandats pour les délégués « fantoches » de l’UGTT, d’être classée parmi les cinq premières motions votées par ce groupe et de renforcer ainsi la campagne nationale et internationale sans précédent pour la libération des syndicalistes emprisonnés et le retour à la légalité syndicale.

Jounaïdi Abdeljaoued.

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