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Agression de Gaza : Les Etats-Unis complices

samedi 3 janvier 2009

par Mohamed Larbi Bouguerra

Drones, bombardiers F-16, appareils d’observation sophistiqués, explosifs à très fort pouvoir brisant et à effets psychologiques dévastateurs, la liste est bien longue des armes que l’armée israélienne utilise massivement contre les enfants, les étudiants et les femmes de Gaza.

Or, la quasi totalité de ces armes provient des Etats Unis.
Ainsi, par le moyen de cette aide militaire massive, Bush est complice des violations de la loi internationale perpétrées par Barak, Olmert et Livni, obnubilés et aveuglés par les élections de février prochain notamment.

Les lâches attaques aériennes israéliennes que vivent les habitants désarmés de Gaza se font au moyen des bombardiers F-16 et des hélicoptères Apache fournis par les Etats Unis sous forme de « dons » militaires yankees. Ces « cadeaux » coûtent annuellement trois milliards de dollars aux contribuables américains alors que 45 millions des citoyens US n’ont pas la moindre couverture sociale. Rien que pour l’entretien des bombardiers F-16, entre 2001 et 2006, Washington a transféré à Israël pour plus de 200 millions de dollars de pièces détachées. L’année dernière, les Etats Unis ont signé avec la grande firme Raytheon, spécialiste du matériel militaire de pointe, un contrat de 1,3 milliard de dollars pour la fourniture à l’Etat sioniste des missiles capables d’atteindre et de détruire les constructions souterraines, des missiles antichar filoguidés TOW et des missiles Hellfire (Feu d’enfer). Ces derniers sont fabriqués par Lockeed Martin, autre grand pourvoyeur des arsenaux américains. Les Israéliens utilisent un type de Hellfire qui est produit spécialement à leur intention : le Super Dvora. Il arme notamment les hélicoptères AH- 64 Apache ainsi que le drone MQ-1 Predator. Ce missile long de 1,63 mètre et pesant 45 kg est utilisé contre les chars mais, comme il est très polyvalent, dans le cas de Gaza, il est employé contre les bâtiments : mosquée, université ou ministère qu’il atteint à la vitesse de 1530 km/h, vitesse qui permet à son lanceur de rester invisible et dont on imagine aisément les terribles dégâts qu’il peut causer et le nombre d’enfants palestiniens que la « vaillante » armée israélienne peut ainsi abattre d’un coup ! Pour ne rien dire des 12 ambulances qu’elle a accroché à son tableau de chasse depuis le début de son agression samedi 27 décembre grâce au Super Dvora !

Face aux « performances » du missile Hellfire, Miguel D’Escoto, le Président de l’Assemblée Générale des Nations Unies a bien raison de condamner « la réponse militaire disproportionnée » avec laquelle les Israéliens répondent – soit disant- aux Qassam palestiniens artisanaux qui n’ont pour but principal que de d’exprimer la résistance à l’occupation et le refus du bouclage inhumain de Gaza.
En un mot comme en cent, les attaques que subit la population de Gaza ne pourraient se faire sans l’aide militaire active et empressée de l’armée américaine.

En violation de la loi américaine

L’agression israélienne de Gaza viole en fait non seulement la loi internationale mais aussi la loi américaine. En effet, la loi « The Arms Export Control Act » sur le contrôle des armes exportées impose que leur emploi se fasse dans un domaine étroit et bien défini de circonstances. Ces armes ne doivent être utilisées qu’à l’intérieur des frontières d’un pays et dans un but exclusivement défensif.
Il va de soi que leur emploi pour agresser la population de Gaza ne satisfait guère aux critères imposés par la loi votée par le Congrès américain et signée de la main du Président des Etats Unis. Mais comme Israël est l’enfant chéri de Washington, on ne va pas lui reprocher ce type d’écart que diable ! D’où le silence assourdissant des membres du Congrès, de Mme Condoleeza Rice, du Secrétaire à la Défense ou de l’ambassadeur américain à Tel Aviv… Mieux, le gouvernement américain n’a-t-il pas confirmé qu’il était parfaitement au courant de l’agression avant qu’elle ne se produise ?

Il est donc pleinement complice du massacre perpétré, de l’holocauste programmé contre la population palestinienne. Complicité directe donc.
Mais, il ne faut pas perdre de vue la complicité indirecte des officiels américains.

Ceux-ci protègent constamment Israël aux Nations Unies. Au Conseil de Sécurité, ils usent et abusent du veto pour empêcher cette haute assemblée de condamner les crimes sionistes. 34 veto, au total depuis 1947 !

De plus, ils exercent les pressions les plus indélicates sur les diplomates et les gouvernements qui osent élever un tant soi peu la voix contre leur protégé chéri afin qu’il échappe à la condamnation de la communauté internationale et lui éviter de rendre des comptes.

Une complicité fort ancienne :

En fait, cette complicité remonte à une époque éloignée. Ainsi, le Président John Kennedy se posait bien des questions sur les intentions nucléaires d’Israël. En mai 1961, il rencontra à New York, le Premier Ministre sioniste David Ben Gourion mais évita de lui poser des questions embarrassantes. Le double standard est ainsi né : on reprochera à la Corée du Nord, aux Iraniens, aux Syriens… de dissimuler des activités nucléaires mais pas à Israël. Kennedy a-t-il été convaincu par l’argument de Ben Gourion qui affirmait à qui voulait l’entendre que « Seule l’arme atomique pourrait contrecarrer la supériorité numérique d’Israël » ? et qui donnait pourtant cette feuille de route à ses comparses : « Nous devons tout faire pour nous assurer que les Palestiniens ne reviendront jamais, les vieux mourront et les jeunes oublieront ».

S’agissant de la proximité entre Israël et les Etats Unis, le Président Bush vient d’en donner une illustration forte. Le journal Washington Post du 24 décembre 2008 révèle que, avant de choir dans les poubelles de l’Histoire, le président le plus haï de l’histoire américaine, avait réhabilité à titre posthume, un certain Charlie Winters, mort en 1984 et condamné en 1949 à dix huit mois de prison, après avoir plaidé « coupable » d’avoir enfreint la loi sur la Neutralité (Neutrality Act) devant le tribunal. Ce grossiste en fruits et légumes n’avait rien trouvé de mieux pour arrondir ses fins de mois que de vendre des bombardiers B-17 réformés de l’armée aux terroristes de la Haganah, auteurs d’affreuses boucheries en Palestine dont celle de Deir Yassine ! Ce furent les premiers bombardiers lourds de l’armée israélienne et ils jouèrent un rôle décisif dans la guerre menée alors contre les armées arabes. Pour ce « haut fait d’armes », pour cette complicité au profit du sionisme, George W. Bush a tenu à blanchir - outre tombe- , un de ses concitoyens qui avait violé la loi de son pays !

Le sang des martyrs palestiniens de Gaza tachera à jamais les mains des criminels de guerre sionistes et leurs complices. Mais Israël ne s’en tirera peut être pas à l’avenir, avec ou sans les armes de son parrain yankee. Car des cancers le rongent : mafia russe, opposition séfarade-askhénaze, racisme anti- arabe, extrémisme religieux des « hommes en noir » qui ferment de force les rues de Jérusalem à la circulation pour le shabbat, jeunesse sans repères….

Laurent Zecchini écrit (Le Monde du 30 décembre 2008) : « Le problème de l’armée – et de la société israélienne…ce [sont] les plus de 20% de jeunes Israéliens qui échappent au service militaire obligatoire…. Cette évolution ne traduit pas seulement la perte de prestige de Tsahal depuis 2006. L’individualisme et le matérialisme font de rapides progrès au sein d’une jeunesse israélienne sans illusion sur un personnel politique discrédité par une série de scandales. Dans un pays en état de guerre permanent, qui sait si la menace la plus préoccupante ne vient pas de l’intérieur ».

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