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Israël essaie de cacher un lourd et redoutable secret

samedi 10 mai 2008

Mohamed Larbi Bouguerra

Les nouvelles des boucheries perpétrées par Israël nous choquent quotidiennement : assassinats d’enfants et d’écoliers, raids d’avions contre des civils, destruction de maisons, mitraillage de familles et des pêcheurs sur les plages de Gaza … Crimes innombrables qui nous assaillent tous les jours dans le silence assourdissant des grandes consciences et des puissants de ce monde.

Un énième crime commis par les sionistes est celui contre l’environnement et les eaux de Palestine. Cet odieux attentat était jusque-là connu des seuls spécialistes. Il faut rendre hommage à Johann Hari qui l’a dévoilé au grand public dans un article consacré au 60ème anniversaire de l’entité sioniste dans le journal londonien « The Independent » du 28 avril dernier, article dans lequel il explique les sales dessous cachés de la fondation de l’entité sioniste.

Johann Hari est un journaliste et un dramaturge de grand talent. Il écrit dans le New York Times, le Monde, The Los Angeles Times, Ha’aretz … Il a été nommé journaliste de l’année en 2007, par Amnesty International et a obtenu le Prix Orwell du journalisme politique pour 2008.
Hari rapporte qu’il flotte sur Israël une suffocante odeur nauséabonde… Une senteur écoeurante qui s’ajoute à celle de la corruption de Sharon (père et fils) ou celle de l’actuel Premier ministre qui vient d’être interrogé par la police sur des pots-de-vin. Il s’agit en vérité de cette odeur caractéristique des fosses d’aisance, des effluves d’eaux usées.

En effet, dans les Territoires Occupés, par de grands tuyaux métalliques, les colonies juives déversent leurs eaux usées brutes, telles quelles, non traitées, dans les terres palestiniennes de Cisjordanie.
Ces rejets finissent par percoler dans la nappe phréatique dont elles transforment l’eau en poison !

Debout près d’une de ces mares nauséabondes jaunes et brunes, le Dr Bassam Sadi Nadi, médecin-chef palestinien, explique à Hari : « Récemment, nous avons eu des pluies très abondantes, les excréments ont fini par atteindre la nappe qui alimente toute la région. Je savais que si nous n’agissions pas rapidement, les gens allaient mourir. Nous avons dû dire à tous les citoyens palestiniens de ne pas utiliser cette eau durant plus d’une semaine et nous avons fourni de l’eau en bouteille aux gens. Nous avons eu de la chance car la contamination était localisée. La prochaine fois… ». Il secoua sa tête en signe de peur. Ce n’était point une frayeur feinte. En 2004, un rapport de l’ONG « Friends of the Earth » (Les Amis de la Terre ) a révélé que 6% seulement des colonies sionistes traitaient leurs eaux usées.
Hari ajoute : « Pour punir la population de Gaza..., l’armée israélienne refoule aux points de contrôle les canalisations et le ciment destinés aux réparations du réseau d’égouts. Résultat ? De grandes mares stagnantes d’immondices sont contenues par des murets fragiles dans toute la bande de Gaza où elles pourrissent et fermentent en plein air. En mars dernier, un de ces murets céda : un tsunami d’excréments humains emporta un bébé de neuf mois et sa grand-mère. L’ONG « Centre for Housing Rights » (Droit au logement) tire la sonnette d’alarme : si par aventure survenaient de grandes pluies, 1,5 million de m3 d’excréments humains pourraient se déverser sur la bande de Gaza provoquant ‘un monumental désastre humanitaire et environnemental’ ».
Hari demande : « Comment en est-on arrivé là ? Comment un Etat juif fondé il y a 60 ans sur la promesse d’être « une lumière parmi les Nations » finit-il par déverser ses excréments sur une population palestinienne sans défense ? Le début de la réponse se trouve dans le secret qu’Israël connaît et qu’il essaie de faire disparaître toutes ces années. Aujourd’hui même encore, pouvons-nous décrire honnêtement, et de façon non hystérique, ce qui s’est produit il y a soixante ans ? »

Hari décrit alors posément la dépossession palestinienne et les manœuvres des politiciens sionistes comme David Ben Gourion qui écrivait en 1937 : « Les Arabes doivent partir mais il nous faut l’occasion propice pour le faire, une guerre par exemple ». Il mit au point le Plan Dalit : intimidations et terreur à grande échelle, bombardements et sièges des populations, empoisonnement des puits et épandage d’herbicides sur les récoltes… Avant l’intervention des armées arabes de 1948, Ben Gourion et sa clique firent le nettoyage ethnique de 800 000 Palestiniens et Israël s’éleva sur ces ruines. Certains historiens israéliens tel Illan Pappé ont minutieusement décrit ce que l’entité sioniste essaie vainement de cacher concernant sa fondation : crimes contre l’Humanité, provocations, massacres car on était à mille lieues de ce phantasme cher à Herzl et ses acolytes : « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre » !

Hari arrive à la conclusion qu’il y a, en Israël, une frange qui ne veut pas de la paix, à aucun prix et quelles que soient les concessions palestiniennes. La preuve ? « Quand, ce week-end, le gouvernement élu du Hamas a offert une trêve de six mois qui aurait pu conduire à des pourparlers de paix, le gouvernement israélien répondit sur le champ en bombardant le logement d’un responsable important du Hamas et en tuant une fillette de 14 ans ».

En conclusion, Johann Hari écrit : « Israël, à l’âge de 60 ans, en regardant ses cheveux gris et en faisant mine d’ignorer l’odeur de ses propres excréments déversés sur la Palestine, a besoin de se demander ce qu’il veut être dans les prochaines soixante années ».

En attendant, le choléra menace Gaza. Et les organisations internationales essayent de faire passer aux check points, tenus par la main de fer de l’armée, du matériel pour faire face à une épidémie de choléra !

Quant au soixantième anniversaire de la dépossession des Palestiniens, il faut avoir foi dans cet axiome : la Vérité finit toujours par triompher du Mensonge… Et la persévérance permet de percer les secrets les mieux gardés… fussent-ils ceux du Shabak ou du Mossad !

Mohamed Larbi Bouguerra

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