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Dans leur dernier conseil sectoriel

Les universitaires réaffirment leur droit à des augmentations salariales spécifiques

dimanche 14 décembre 2008

Le conseil sectoriel qui a réuni les syndicalistes universitaires, samedi 29 novembre 2008, a eu pour principal objet la question de l’heure à l’université : celle des augmentations salariales spécifiques.

On sait, en effet, que les universitaires ont pu finalement arracher de haute lutte le principe d’augmentations salariales spécifiques. Celles-ci sont censées, à leurs yeux, non seulement limiter, autant que faire se peut, la sensible détérioration de leur pouvoir d’achat enregistrée ces deux dernières décennies, mais surtout répondre au surplus de travail exigé par le passage au système LMD (en termes d’heures d’enseignement, de surveillance et de correction) et à la nette augmentation des dépenses pédagogiques, désormais incontournables, comme l’achat d’un ordinateur, l’abonnement à Internet, etc.

Cependant, la première proposition d’augmentations, avancée par l’autorité de tutelle, (portant sur le salaire brut et à répartir sur trois ans) de 140D (professeurs), 115D (maîtres de conférences), 80D (maîtres assistants) et 35D (assistants) et de 60D (assistants technologues) été nettement en deçà des attentes des universitaires, notamment les assistants qui en représentent la majorité – sans compter que le corps des agrégés en a été complètement exclu. Car proposer pour les assistants une augmentation censée compenser une charge de travail et des dépenses pédagogiques supplémentaires de l’ordre de 7D par mois1 a été perçu comme dérisoire, sinon humiliant.

Ainsi, la recommandation du Conseil Sectoriel au Bureau Exécutif de la Fédération Générale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (FGESRS) a été de n’accepter aucune proposition d’augmentation qui ne réponde pas aux aspirations des universitaires, et notamment à celles des assistants et des autres catégories oubliées par l’autorité de tutelle. Quitte à ne pas finalement bénéficier de ces augmentations dont le principe a été, pourtant, difficilement arraché.

L’autorité de tutelle devrait donc prendre acte de la solidarité des différentes catégories du corps des universitaires, lors de l’élaboration de sa nouvelle proposition. De même, elle devrait prendre conscience qu’aucun discours sur la performance et la qualité de notre enseignement supérieur n’est crédible avec des universitaires sous rémunérés, amers et démotivés.

Enfin, et de manière plus générale, il devrait être clair pour tous, et notamment pour les décideurs, que l’on ne peut contrer la dégradation de la formation de notre enseignement supérieur en maintenant les salaires des universitaires à la baisse. Il faudrait, au contraire, revaloriser matériellement et moralement ce secteur, pour lui rendre de l’attractivité afin qu’il puisse retenir les meilleurs éléments… et non pas les faire fuir !


* C’est ce qu’obtiendrait un assistant comme augmentation en net sur chacune des trois années

Baccar Gherib

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