attariq aljadid

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Loin du régime, loin des honneurs de la république

dimanche 14 décembre 2008

Quand il arrive à un citoyen tunisien de ne pas tremper dans la sauce du régime en place, ça en fait un pestiféré, un ingrat, quelqu’un qui ne serait bon que pour la poubelle de la mémoire nationale. Nourredine Ben Khedher est parti. Ahmed Othmani l’a suivi. Mohamed Ennafâa, Mohamed Charfi et Georges Adda viennent eux aussi de disparaître et tant d’autres encore.

Si l’on excepte l’oraison funèbre et les quelques secondes de passage à la tv nationale pour ce qui concerne M Charfi, toutes ces figures n’ont pas eu les honneurs qu’ils ont mérités. Mais quand on pense que Bourguiba, leader s’il en est du mouvement de la libération nationale, a été privé de l’hommage de la nation, l’on ne peut que comprendre qu’il n’y ait rien eu de spécial pour les premiers cités, ni cérémonie officielle, ni articles sur les journaux, ni rétrospective dans les chaînes de télévision.

Ce manque de considération de la part de la Tunisie « officielle » à des personnages qui ont eu le tort de s’opposer au pouvoir en place est constitue une faute majeure, quelque chose qui ne la grandit pas et qui surtout délivre un message dangereux aux jeunes. Ne pas respecter son adversaire, l’abaisser, gommer son mérite et le courage de son combat ne relève pas d’un comportement de seigneur.

Ainsi, dernièrement, on ne peut qu’être choqué de toute la discrétion qui a été imposée aux médias pour que la nation n’entende pas parler de ce grand homme que fut Georges Adda et de son combat pour la Tunisie et pour les valeurs universelles que sont la démocratie, la solidarité et la fraternité.

Plus récemment encore, on reste bouche bée à la lecture de la liste des universitaires honorés pour le 50éme anniversaire de l’université tunisienne. Certes, beaucoup parmi les élus ont rendu d’éminents services au savoir dans ce pays et ont été, par delà leur qualité de destouriens ou de proches du pouvoir, pour la plupart du moins, de véritables universitaires. Mais il n’en demeure pas moins que voir cette liste ne pas comporter les noms d’éminents unuiversitaires qui ont participé à la création de notre université, tels, à titre d’exemple (la liste des omis est beaucoup plus longue), Hafedh Sethom, Habib Attia, Hichem Jaiet, Taoufik Baccar, Mohamed Charfi, Ammar Mahjoubi (sans parler de la deuxième génération" tels que Ali Mahjoubi, Azzam Mahjoub, Abdelmajid Charfi, Hichem Skik, Taieb Baccouche, Ahmed Brahim, Jounaidi Abdeljaoued, Mahmoud ben Romdhane et tant d’autres est inqualifiable, une déformation délibérée de la vérité et un déni de l’apport de ces illustres hommes de savoir à notre université et à différentes générations d’étudiants.

Attariq Aljadid

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