attariq aljadid

Accueil > Français > Fenètre sur le monde > Le difficile sevrage de l’attachement au pouvoir

ALGERIE :

Le difficile sevrage de l’attachement au pouvoir

dimanche 23 novembre 2008

Décidément une fois au pouvoir, les dirigeants arabes tant au Machrek qu’au Maghreb – excepté le cas très particulier du Liban – n’arrivent plus à s’en séparer !

Il faut dire, à leur décharge, qu’à force de s’y identifier, ils finissent par le confisquer, le considérant comme leur « affaire » personnelle. Rien d’étonnant dés lors, qu’ils s’ingénient à le transmettre à des hommes de confiance, et qui pourrait l’être mieux que leur propre progéniture ?

Ainsi, les dernières barrières qui restent pour différencier nos « Républiques » de nos « Monarchies » se font sauter une à une, et nous pourrions peut être bientôt breveter cette nouvelle forme hybride de gouvernement sous le vocable de « République monarchique » (attention à ne pas confondre avec République bananière !)

Ceux qui ont cru qu’avec une expérience assez originale de multipartisme et d’alternance au sommet de l’Etat, l’Algérie allait constituer l’exception (qui confirme la règle), doivent maintenant déchanter. Avec le projet d’amendement constitutionnel voté, sans surprise, par l’Assemblée Populaire Nationale (APN) dominée par les amis politiques de Mr Bouteflika, le pays d’un million et demi de martyrs rentre dans le rang.
Plus de limite au nombre de mandats présidentiels : l’actuel président, âgé de 71 ans, pourrait, sans entraves, briguer son 3ème, voire son 4ème mandat si « Dieu veut bien prolonger ses souffles », comme on dit chez nous.

La propagande officielle ne manquera certainement pas d’arguments pour justifier le « jonglage » constitutionnel, et le présenter comme une nécessité vitale pour le pays, qui a enfin trouvé son serviteur providentiel, à qui l’on doit sécurité et prospérité.

Et ceux qui trouveraient à redire sur ces deux grands acquis à l’actif du président Bouteflika, en invoquant soit les nombreux attentats sanglants perpétrés par les groupes djihadistes ralliés à Al Qaida, soit les conditions de vie difficiles d’une bonne partie de la population qui se demande à qui profite la manne pétrolière, eh bien ! Ceux-là doivent savoir qu’ils sont en train de pêcher dans les eaux troubles de l’opposition nihiliste et irresponsable.

La seule consolation qui reste aux Algériens est que leur président n’a pas de descendance, mais gardons-nous d’en parler trop, ça pourrait lui donner, peut-être, des idées autrement plus géniales que celle de la révision constitutionnelle !

Abdelaziz Messaoudi

SPIP | Se connecter | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0
Habillage visuel © Andreas Viklund sous Licence free for any purpose