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Vivre au Kef

jeudi 24 avril 2008

Habib Kazdaghli, professeur d’histoire à la Faculté des Lettres de Manouba, présente ici ses notes de lecture du livre paru à Tunis, écrit par Camille Mifort sous le titre "Vivre au Kef, Quand la Tunisie était française".


Habib Kazdaghli

A première vue, le titre du livre pourrait être mal pris, car il fait penser aux écrits mélancoliques, les évocations nostalgiques des « paradis perdus » et les regrets par rapport à la période coloniale.

Loin de là, le travail réalisé par Camille Mifort, se veut un témoignage d’amour et de fidélité pour cette belle ville d’El Kef. L’auteur n’a pas du tout connu la Tunisie de l’époque coloniale puisqu’il est né en 1962. Le hasard l’a emmené au Kef, trente ans après l’indépendance de la Tunisie, de 1986 à 1988, où il va y enseigner aux élèves de la ville : la physique et la chimie dans le lycée mixte du Kef. Ce séjour a été à l’origine de la naissance d’une relation charnelle entre le jeune professeur français et sa ville d’adoption. Les quelques rares traces encore visibles de la présence française dans la ville vont l’interpeller et pousser sa curiosité pour mieux connaître le passé de la ville. Il va se lancer dans une opération de collecte des documents écrits, des témoignages oraux, des gravures et des photos de cette époque.

Dans une première phase, il va mettre en place un site web dédié à la ville du Kef qu’il n’a pas cessé d’enrichir au fil des ans appelant les visiteurs du site à connaître la ville et sa région. Avec le nouveau livre qu’il a tenu à éditer en Tunisie chez Média Com de notre ami Lotfi Essid, il a voulu mettre à la disposition des lecteurs tunisiens et français et autres visiteurs de la ville un petit guide pratique de 115 pages, reconstituant les différents lieux de la ville, la mosaïque des groupes d’habitants qui y vécurent pendant la période coloniale et les principales phases de l’histoire de la ville de l’établissement du protectorat français, jusqu’à l’indépendance de la Tunisie.

Le livre se présente sous une forme « pédagogique » puisque l’auteur a choisi d’alterner des pages illustrées par des photos avec des pages d’explications des lieux en donnant la parole à des témoins (parmi les anciens habitants de la ville) et à des récits pris de différentes sources d’époque. Un bel outil qui aide le large public et les jeunes surtout à mieux reconstituer des fragments de la mémoire de la ville et à découvrir son riche patrimoine matériel et les apports riches et pluriels de différents groupes humains qui ont su se partager l’amour de ce lieu magique qu’était la ville du Kef, malgré les différences de leurs origines sociales, religieuses et politiques et malgré un contexte général marqué par la domination coloniale. Il vient s’ajouter aux autres livres consacrés à l’histoire de cette ville2.

Habib Kazdaghli

P.S.

Profitant des vacances scolaires, Camille Mifort qui vit actuellement en France, viendra présenter et signer son livre selon le programme suivant :

- Vendredi, 11 avril, à la librairie Claire Fontaine, rue d’Alger, Tunis.

- Samedi, 12 avril, à la Faculté des Lettres de Manouba, dans le cadre du séminaire du prof. Habib Kazdaghli sur la mémoire plurielle des villes méditerranéennes.

- Dimanche 13 avril, il sera accueilli par les membres de l’Association de la Sauvegarde de la ville du Kef.

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