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Elections américaines :

Yes we can !

dimanche 9 novembre 2008

Hichem Skik

Indiscutablement, l’élection de B. Obama constitue un événement majeur.

- Pour les Américains d’abord : il s’agit d’une véritable révolution culturelle et politique, en rupture totale avec ce qui semblait, jusqu’ici le « cours naturel des choses » : d’un côté des blancs -d’origine irlandaise, anglaise ou allemande, en haut de l’échelle sur tous les plans, en

majorité riches, qui gouvernent, décident etc ; de l’autre côté, des minorités -hispanique, noir etc.- en majorité pauvres, illettrés, remplissant des rôles subalternes… et les prisons.

- Mais aussi pour le reste du monde : il s’agit d’une leçon magistrale sur la possibilité des changements, même ceux qui apparaissent comme les plus « radicaux » et les plus improbables, pour peu que les hommes et des femmes les souhaitent et, surtout, agissent pour les concrétiser.

Ceux qui croient -ou font croire- que le statuquo dans lequel ils stagnent est « naturel », inévitable « commode », ou « trop difficile à changer » devraient en prendre un grain. L’élection d’Obama démontre à l’évidence que tout (ou presque) est possible ! Encore faut-il le vouloir assez fort !

Qu’il s’agisse de le place des minorités dans la société , de la nécessité de l’alternance au pouvoir, du rajeunissement de la classe politique…nul doute que cette élection constituera un coup d’accélérateur pour faire avancer toutes ces causes.

Cela concerne les pays développés, recroquevillés, pour la plupart, sur eux-mêmes et sur leurs richesses, ignorant la diversité au sein de leurs sociétés et se prémunissant des « risques » de la diversité qui frappe aux portes de leurs frontières en se barricadant à l’intérieur de frontières de plus en plus infranchissables.

Cela concerne aussi les pays du Sud, où la pauvreté se développe parmi les masses et la richesse parmi les minorités, et où les pouvoirs en place s’accrochent de toutes leurs forces, en ayant recours à tous les moyens, de la répression brutale à la manipulation des constitutions, jusqu’à instaurer des « républiques héréditaires ».

Cela concerne aussi un pays comme Israël, qui pratique à la fois la discrimination à l’intérieur de ses frontières et la violence dans les territoires qu’il occupe.

Certes, il faut être conscient que la situation n’est pas facile : face aux innombrables et épineux problèmes qui se posent aux Etats-Unis et au peuple américain, Obama ne dispose pas d’un bâton magique. d’autre part, il est certain que lui et son équipe n’ont pas toujours la volonté d’apporter les solutions adéquates aux problèmes des Etats-Unis et du monde, prisonniers qu’ils sont d’une idéologie et d’une conception politique fondées sur la toute puissance de l’Amérique, de son « devoir » de défendre ses intérêts économiques et son hégémonie politique partout dans le monde et par tous les moyens, y compris par la guerre (Afghanistan…)

Mais toutes les réserves qui on peut émettre, toutes les précautions qu’on peut prendre n’empêchent pas de reconnaître cette réalité flagrante : un espoir est né dans le cœur de millions d’hommes aux Etats-Unis et dans la monde :

- un espoir immense pour les Américains, celui d’une vie meilleure (ou moins dure) pour tous : plus de justice, moins de pauvreté, plus de couverture sociale, d’éducation ; des rapports plus « normalisés » entre les citoyens, indépendamment de leur couleur, une image de leur pays plus acceptable par les autres peuples ;

- un espoir très grand aussi dans les autres pays (comme si on venait d’élire le président du monde !) :l’espoir de relations internationales où l’on a plus souvent recours au dialogue et moins souvent à la confrontation avec plus de coopération et moins d’hégémonisme, plus d’humanité et moins du cynisme… pour faire face aux immenses problèmes qui menacent l’humanité et la planète : pauvreté, maladie, pollution, raréfaction des ressources etc.

L’espoir aussi, sans doute, pour certaines sociétés de « subir la contagion » de l’exemple américain, pour secouer le carcan de l’immobilisme, pour oser.

Oser avoir des rêves de paix, de justice, d’égalité, de liberté. Oser se formuler ces rêves. Oser agir pour les concrétiser.

C’est une belle histoire qui s’est déroulée sous nos yeux. Il tient à tous les peuples qu’il ne s’agisse pas d’une douce illusion.

Hichem Skik

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