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FORUM CIVIL EUROMED :

Circuler et vivre ensemble

samedi 8 novembre 2008

Neila Jrad

[vert fonce]Le Forum Civil Euromed qui s’est tenu à Marseille du 31 octobre au 2 novembre 2008 a réuni 250 participants représentant les sociétés civiles des deux rives de la Méditerranée et ce à quelques jours d’une rencontre des ministres des affaires étrangères des pays de l’Union Européenne. La délégation tunisienne comportait des représentants d’ONG de la société civile autonome (Ligue des droits de l’homme, Association des femmes tunisiennes pour la recherche sur le développement, Association tunisienne des femmes démocrates, MST Sida ) mais aussi l’Institut Arabe des Droits de l’Homme, le Conseil National des Libertés et quelques experts du monde de la culture et de la recherche. A noter que la délégation égyptienne a été empêchée, en raison d’un refus de visa, de participer aux travaux et le délégué syrien a été empêché par les autorités de son pays de quitter la Syrie. C’est dire à quel point ces évènements ts ont placé d’emblée les participants au Forum Civil au cœur des problèmes dont ils devaient débattre, à savoir la difficulté de circulation d’une rive à l’autre de la méditerranée.[/vert fonce]

Le programme du Forum était organisé en deux axes :
- d’une part trois séances plénières à raison d’une par jour portant la première sur le thème de la migration,
la seconde sur le Processus de Barcelone,
la troisième étant réservée aux rapports des ateliers et à la déclaration finale ;
- d’autre part, six ateliers thématiques qui se sont tenus durant les deux premiers jours (femmes, environnement, questions socio-économique, jeunesse et éducation, culture, droits de l’homme) qui devaient aboutir à la formulation de recommandations à intégrer dans la Déclaration Finale du Forum.


[marron]OVI (Objet volant identifié)

La délégation tunisienne au Forum Civil a fait l’objet d’une protection très rapprochée ! Celui que nous appellerons OVI était déjà passager de l’avion qui s’envolait vers Marseille avec une partie de la délégation, et l’était encore dans l’avion qui revenait vers Tunis avec une autre partie de la délégation. Si ce n’était que cela, passe encore. Mais, envoyé par on ne sait trop qui et représentant on ne sait trop quoi, OVI voulut assister de force, sans invitation ni badge aux travaux du Forum et se présenta même à la réception offerte par le Conseil de la région PACA en l’honneur des participants au Forum Civil, réception dont il fut prestement vidé… Cela pourrait se passer de commentaires et n’être qu’un ridicule de plus si OVI n’avait persisté et signé en distribuant – lui ou un autre, non identifié celui-là- un tract incendiaire dans lequel il fut, entre autres, question de prise en otage, par le Forum, de la Société civile tunisienne », si un représentant des autorités tunisiennes n’avait téléphoné à un organisateur du Forum pour dénoncer le sectarisme dont on avait fait preuve en limitant les invitations aux associations tunisiennes présentes. Inutile d’ajouter qu’aucune autre plainte, d’aucun autre pays, n’a été enregistrée durant les trois jours qu’a duré le Forum Civil. Donc, rien à dire : nous étions fiers de notre pays !
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Un Forum Civil Euromed : Pourquoi ?

Le « document de cadrage » du Forum avait pour but de dégager les problématiques du débat sur les migrations et les enjeux en présence. Parmi ces problématiques, la manière dont les sociétés civiles des deux rives de la Méditerranée peuvent intervenir en vue de changer les termes du débat sur les migrations tels que posés par les Etats de l’Union Européenne et qui ont abouti à une politique de fermeture : durcissement des conditions d’entrée sur le territoire européen et des conditions de séjour, adoption par le Parlement européen en Juin dernier de la « Directive retour » qui a pour but de généraliser à toute l’Europe les normes et procédures applicables aux sans papiers. La politique d’immigration telle que stratégiquement élaborée par l’UE tend à faire des frontières des murs infranchissables, entraîne des conséquences catastrophiques sur le plan des droits humains et, fortement teintée d’idéologie sécuritaire, fait du migrant un délinquant. Or, ainsi que le mentionne le document de cadrage « dans nos sociétés méditerranéenne, la mobilité des personnes est inscrite dans les mémoires, elle a façonné notre histoire ». Mais la mondialisation, qui a fragilisé les économies du sud, a contribué à renforcer en Europe des politiques de plus en plus xénophobes. Saisir aujourd’hui les enjeux du « vivre ensemble » dans une circulation décomplexée entre les deux rives, c’est tout d’abord l’aborder :

  1. dans une perspective de genre qui consiste à rendre visible un phénomène que l’on veut invisible à savoir la féminisation massive des migrations : car les femmes « sont la grande majorité des personnes migrantes, présentes dans toutes les catégories de l’immigration, y compris économique et humaine, et pas seulement de regroupement familial ». Elles sont pourtant les grandes oubliées des statistiques, et trop souvent victimes de violations de leurs droits les plus élémentaires. L’égalité des genres, pierre angulaire du partenariat Euromed, demeure donc un objectif à réaliser.
  2. dans une perspective socio-économique car, non seulement le développement ne signifie pas la restriction de la mobilité, mais au contraire plus de développement implique plus de possibilités de libre circulation, ce qui constitue un énorme potentiel culturel, commercial et économique de développement. Il est donc nécessaire de positiver les migrations et d’y voir un facteur d’enrichissement culturel et de développement économique.
  3. dans une perspective humanitaire, étant donné l’incapacité du projet euroméditérannéen « à générer une claire revendication des droits fondamentaux » (droits des travailleurs immigrés, droits politiques et civiques des immigrés, droits des résidents étrangers).

C’est pourquoi, face à une politique européenne polarisée sur le contrôle des frontières, les organisations de la société civile doivent travailler en vue de la création d’un « véritable agenda euromed sur la mobilité durable » en mettant « le respect des droits et de l’égalité au cœur de la question de la mobilité ». Un projet euromed à forte composante sociale est donc un élément central pour aborder la question migratoire, saisir les causes socio économiques, environnementales et humaines des migrations et faire de la circulation des personnes un enjeu de progrès et de développement.

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