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Victoire historique d’un noir américain aux élections présidentielles

samedi 8 novembre 2008

De notre envoyé spécial à Washington :

Hatem Chaabouni

[vert fonce]Historique. Le mot est sur toutes les lèvres. Après des siècles d’humiliation, d’esclavage et de ségrégation un afro-américain – un noir pour parler crument – est élu à la Maison Blanche, après une rude bataille de 22 mois. Le révérend Jackson qui s’est essayé plus d’une fois à tenter ce challenge, mais sans franchir la barre des primaires, en avait les larmes aux yeux.[/vert fonce]

52% des américains ont donné leurs suffrages à Barak Obama poussant à la retraite son rival Mac Cain, perçu à son corps défendant comme le continuateur de la politique impopulaire de George W. Bush que des milliers de supporters enthousiastes d’Obama ont appelé à partir dès mardi soir dans un rassemblement devant la maison blanche.

L’Amérique va changer de cap après huit ans de conservatisme et de politique agressive qui s’achèvent dans une crise financière sans précédent et dans un enlisement en Afghanistan et de sérieuses difficultés en Iraq.

Le sénateur Obama s’est engagé clairement dans un grand discours qu’il a prononcé devant 100 milles fidèles dans un stade de Virginie, la veille des élections, à en finir avec la guerre d’Iraq pour se concentrer sur l’Aghanistan et la traque de Ben Laden et surtout sur les problèmes internes des Etats-Unis d’Amérique.

La crise de Wall Street, la montée du chômage, les problèmes du logement aggravés par la crise des subprimes, la couverture sociale et sanitaire : tous ces problèmes qui aggravent la vie des petites gens ont été au cœur de la campagne électorale d’Obama. Son rival républicain a vainement essayé de recentrer le débat sur les questions internationales pour se prévaloir de sa grande expérience en la matière et de son passé de héros national, mais il n’a pu combattre la vague de l’Obamania qui a commencé aux primaires où il avait déjà écarté “l’expérimentée” Hillary et emporté haut-la-main l’investiture du parti démocrate.

Des millions de gens reportent leurs espoirs sur lui. Le monde le regarde. Va-t-il tenir ses promesses de changer l’Amérique et, par extension, le monde ? Va-t-il réaliser les aspirations des gens modestes qui l’ont porté au pouvoir ? Va-t-il mettre fin à la hantise sécuritaire des néoconservateurs et apporter une détente dans les relations internationales ?

Il est un peu tôt pour répondre à ces questions. Mais ce dont les gens sont sûrs ici, c’est que le changement (maître-mot de la campagne d’Obama) est inéluctable. Les huit années de gouvernement Bush ont été parmi les pires périodes qu’ont connues les Etats-Unis. On ne peut pas faire pire ! Mais peut-on faire beaucoup mieux ? Quelle est la marge de manœuvre de Barak Obama. L’asphyxie financière lui permettra-t-elle de tenir ses promesses d’améliorer la vie des petites gens et de la fameuse classe moyenne, objet de toutes ses attentions durant la compagne électorale ? L’alliance stratégique avec Israël qu’il revendique aussi parasitera-t-elle tous ses efforts pour construire une nouvelle ère dans les relations avec le monde Arabo-musulman ? L’unilatéralisme Américain dans les questions internationales a-t-il vécu ses dernières heures ?

Beaucoup de questions restent en suspens, mais l’espoir est grand et rien n’interdit d’être optimiste. On assiste peut-être à l’avènement d’une Amérique plus solidaire et plus fraternelle à l’intérieur et plus compréhensive et constructive à l’échelle internationale.

Le rêve des Afro-américains est largement réalisé par cette élection.

Est-il permis au reste des Américains et au monde de rêver avec eux ?

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