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Colloque Gramsci, révélateur d’attentes et d’exigences

dimanche 20 avril 2008

Les organisateurs de la journée d’études consacrée, le vendredi 28 mars dernier, à la figure du grand penseur et militant du mouvement ouvrier italien et international Antonio Gramsci, à l’occasion du soixante-dixième anniversaire de son décès, ont sans doute été agréablement surpris par le nombre et la qualité des présents qui se sont sentis interpelés par un tel thème.


Les interventions programmées, en langues française et arabe, ont abordé des problématiques variées, touchant différentes disciplines, témoignant ainsi, à la fois, de la richesse du champ de connaissance embrassé par Gramsci et de la profondeur de l’impact de sa pensée. Elles touchèrent, en effet, à la politique, à la philosophie (et à la philosophie de l’histoire), à la linguistique et à l’éducation.

Pour ce qui est des interventions en français,

-  Mme Silvia Finzi, photos et documents rares à l’appui, a passé en revue les phases clés de la biographie du grand militant qu’il a été, évoquant, tour à tour, son enfance, son installation à Turin, son activité journalistique, son engagement politique, son voyage en URSS et sa détention. De même, elle lut à l’assistance deux parmi les plus belles et émouvantes lettres de la prison, à l’adresse de sa mère au début de la détention et à l’adresse de son fils vers la fin.

-  Baccar Gherib s’interrogea, pour sa part, sur les origines philosophiques du « communisme critique » de Gramsci et de la lecture spécifique (et minoritaire) qu’il fit du marxisme. Il avança ainsi la thèse que, derrière la critique radicale qu’il formule contre le matérialisme, l’économisme et le fatalisme des 2ème et 3ème Internationales Socialistes, il y avait sans doute une influence du néo-idéalisme italien et plus spécifiquement de l’historicisme culturel de Croce.

- Ridha Tlili évoqua, quant à lui, la fortune de la pensée gramscienne en Amérique Latine où elle incarna le marxisme mieux que ses références classiques. Elle fut à même de jouer ce rôle clé et de guider les mouvements révolutionnaires dans cette région précisément grâce à sa richesse, finesse et souplesse par rapport aux dogmes originels. Elle a su ainsi parler à des foules imprégnées de catholicisme et mêlant dans un même mouvement un lumpen prolétariat composé entre autres de petits paysans, d’indigènes et d’anciens esclaves.

Toutefois, et tout en réagissant avec une certaine pertinence aux diverses interventions, l’assistance exprima des remarques et des attentes quant au contenu du colloque. Celui-ci aurait dû s’attarder plutôt sur la postérité de la pensée gramscienne aujourd’hui et, mieux encore, sur la possibilité qu’elle représente pour nous aider à comprendre le contexte politique et culturel actuel dans nos contrées. Cette attente ainsi exprimée devrait, à notre avis, amener le attariq aljadid à penser à instituer un forum qui serait un lieu de réflexion et de débat qui sur les questions fondamentales qui se posent à la gauche tunisienne aujourd’hui.


Pour les interventions en arabe, un compte-rendu en arabe sera édité dans une rubrique analogue dans la section arabe du site.

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