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Un festival pas comme les autres

Tozeur, une ville qui renaît à la musique

dimanche 12 octobre 2008

A. Larguèche

(Attariq 03-05-2008)

[vert fonce]Les citoyens de Tozeur et leurs hôtes venant d’ailleurs ont vécu au mois d’avril un printemps musical inédit. Une symphonie oasienne a bercé des milliers de passionnés des musiques d’Afrique et d’Orient. Le Festival l’Orientale Africaine à Tozeur a donné une seconde âme à la capitale du Djérid.[/vert fonce]

Des chants soufies à l’épopée hilalienne, des danses touaregs à la hadhra de sidi bouali en passant par les rythmes africains et les musiques persanes, le chant et la danse ont fait vibrer les corps et les cœurs dans une ambiance festive et mystique, sous les tentes et dans les patios, à l’ombre des palmes de ses jardins et des sabbats voûtés de la médina.

Mais ce fut aussi une rencontre savante au cœur des chants.

Ce fut l’occasion pour que des intellectuels, enfants du Djérid et leurs invités, journalistes et créateurs se rencontrent et débattent de l’âme des lieux et des sens de la musique de ses rapports au sacré et au profane.

La table ronde qui a réuni autour du philosophe youssef seddik des historiens, écrivains, artistes et anthropologues des religions, a montré par sa richesse qu’on peut vivre la musique tout en la pensant.

Le festival, annonce un projet pour la ville, la reconquête de l’espace par la culture. L’évènement culturel qui fait la ville. Tozeur renaît ainsi à la culture moderne par le réinvention créatrice d’un patrimoine musical auquel elle a contribué, des siècles durant par sa poésie, sa luxuriance et son âme mystique.

La naissance d’un festival signe une renaissance de la culture urbaine dans un monde où la culture peine à survivre dans ses rythmes et couleurs authentiques

Tozeur réinvente sa modernité et sa présence au monde en se réconciliant avec les musiques du monde comme elle s’est réconciliée avec ses architectures faites de briques et d’argiles.

Mais Tozeur, qui grâce à l’intelligence et à la sensibilité de ses enfants a su charmer et envoûter ses visiteurs, risque d’attirer les convoitises. On y achète des maisons, on y construit des palais, on y acquiert des jardins, certes à des prix alléchants pour les propriétaires de la ville, mais ce phénomène a désormais un nom : la gentrification de la médina. Marrakech en a payé le prix, une nouvelle forme de dépossession du patrimoine prend forme dans le contexte de la mondialisation.

Si le patrimoine se vend bien aujourd’hui sur le marché de l’art et de la culture, il est possible et souhaitable aussi qu’il reste un vecteur de développement durable. Pour cela il faudrait le protéger contre toute forme de dépossession.

Pour que Tozeur continue à offrir ses sons et ses couleurs au monde entier, elle doit aussi rester "tozeuroise".

A. Larguèche


lien :

Festival de Musique de Tozeur

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