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Ce que ne dit pas le texte de la pétition de soutien au conseil national de protection de la révolution

mardi 22 février 2011

Ce que ne dit pas le texte de la pétition, c’est que les promoteurs de ce Conseil réunis dans ce qui s’appelle le Front du 24 janvier (d’Ennahdha au POCT, en passant par plusieurs partis et groupes nationalistes, baathistes..., en plus de L’UGTT et du Conseil de l’Ordre des avocats (qui ont une attitude et des ambitions politiques pour le moins ambiguës)- demandent, dans un document officiel (que les auteurs de la pétition auraient dû, par honnêteté, joindre pour que les signataires éventuels soient bien informés de ce qui leur est réellement demandé) que ce conseil ait des prérogatives à la fois :

-  exécutives ( "superviser l’action du gouvernement, des 3 commissions chargées de préparer les instruments juridiques du futur Etat démocratique et d’enquêter sur le comportements de la police et sur la corruption, accepter ou refuser la nomination des hauts fonctionnaires...),

- législatives (révision et promulgation des lois...) et même

- constitutionnelles (révision de la constitution) : des pouvoirs absolus qu’aucun dictateur n’a jamais détenus !

Deux cerises sur le gâteau :

- 1- Le conseil se donne le droit de superviser même l’information et…la justice !!!

- 2- Alors qu’ils considèrent que « le gouvernement est illégitime, car nommé par le président provisoire de la république, lui-même illégitime car issu du parlement illégitime de B.Ali… », ils n’éprouvent aucune gêne à « demander que ce conseil soit créé par un décret-loi du…président provisoires » !!!

Pour cette raison, Ettajdid, le PDP, les Femmes Démocrates, le Syndicat des journalistes...qui ont participé aux discussions préliminaires, ont refusé cette démarche et demandent que ce conseil- qui doit comprendre toutes les sensibilités- ait un rôle politique et moral de vigilance à l’égard du processus en cours, émettant des avis, attirant l’attention, critiquant...bref : se faisant le porte-parole de l’opinion publique au sujet de l’action du gouvernement , des commissions, des médias etc..

Il faut ajouter que, à l’heure où notre pays est encore dans la phase la plus critique de sa révolution et a un besoin vital de s’unifier pour faire face aux multiples dangers qui le guettent, cette initiative a créé une division grave entre les organisations qui le soutiennent et organisent des manifestations pour le faire aboutir, et ceux qui trouvent que ce pouvoir auto-proclamé risque de faire double emploi avec les institutions qu’on s’est données (et qu’on doit beaucoup améliorer !) .

Le plus inquiétant est que cette initiative est en train de créer des divisions au sein même des organisations de la société (UGTT, Ligue des droits de l’homme, Association des magistrats) à propos des décisions de ce conseil, ce qui ne peut qu’affaiblir la société civile et, par là même des structures de la révolution (voir, par exemple le document joint sur l’Association des magistrats).

Hichem SKIK

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