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LIBRE OPINION :

Libérons l’école : il l’ont kidnappée !

samedi 27 septembre 2008

Intidhar Zahrouni

[rouge]C’est la rentrée scolaire. Un événement tant attendu par certains et tant appréhendé par d’autres. Mais le problème majeur de l’école, dépasse les uns et les autres. C’est que l’école d’aujourd’hui ne fait plus ce qu’elle a fait pour ma génération. Ce constat peut être fait par toute personne de mon âge, tous ceux et celles qui s’estiment plus ou moins affranchis, en tout cas difficiles à asservir.[/rouge]

Examinez avec attention ce qui se passe aux 3 niveaux suivants :

- la condition de la femme dans notre société ;
- le règne du religieux, qui surgit comme un vampire pour pulvériser les âmes et les cultures ;
- une politique désastreuse qui s’acharne à faire persister le fossé des écarts sociaux qui se creusent, et de plus en plus ; …

Alors, la question qui s’impose à nous tous est la suivante : « Qu’était l’école d’hier et qu’est devenue celle d’aujourd’hui ? ».

Mais avant tout : « Quelle est le rôle de l’école et pourquoi elle n’est plus chez elle ? » ou encore : « est-ce la faute à la mondialisation ? » ou « est-ce un choix politique dramatiquement réducteur ? ».

La matrice de la République est essentiellement l’école. Alors, si on ne cherche pas à subjuguer les esprits , si on veut éviter la sédition et qu’on vise la promotion de la citoyenneté en misant sur la qualité de l’enseignement scolaire, pourquoi est-ce qu’on en arrive à ce constat à la fois bizarre et pernicieux ?

Revenons à notre problématique de départ qui dit que l’école d’aujourd’hui ne fait plus ce qu’elle a fait pour ma génération.
Dans notre école d’hier, on servait du lait à la cantine le matin aux élèves (et bien que je déteste le lait, on m’obligeait parfois à en boire).Dans notre école la cour était spacieuse, il y avait aussi un grand terrain de sport, des équipements, deux vestiaires : un pour les garçons et un pour les filles, avec bien sûr un instituteur d’éducation physique, il y avait aussi des équipes sportives scolaires ( d’athlétisme, de handball, …), il y avait aussi les clubs de théâtre, de musique, de cinéma..Dans notre école d’hier, la fête de fin d’année était préparée, organisée comme un festival annuel.

Dans notre école d’hier, l’enseignante et l’enseignant étaient idolâtrés, ils ne faisaient pas de fautes de prononciation ou d’orthographe, ils avaient le temps, la passion et la volonté de susciter notre curiosité, notre motivation, notre amour de la connaissance.

Ils avaient en particulier, et surtout, le TALENT de promouvoir en nous un soleil de rêve, d’imaginaire, d’ambition , de dévotion à la condition humaine, un talent fédérateur d’ apprentissages de diverses disciplines.

Du regard d’un maître ou d’une maîtresse, en classe, dans la cour ou même dans la rue, on était soit puni soit récompensé, félicité et encouragé, exhorté ou blâmé, chaleureusement, sans aucune atteinte à notre dignité d’ENFANT.

Que notre comportement ou notre travail soient validés ou refusés, sans contraintes, sans soumission infamante de notre part en tant qu’enfants,, l’enseignant(e) nous guidait sur le chemin de la liberté, de la dignité, de l’amour de l’autre, du respect mutuel, mais surtout du plaisir d’apprendre…

C’était ça, et même plus, notre maître de l’école d’hier, car il avait le temps, la sagesse, la paix et surtout la liberté et l’engagement dans ses fonctions. Il était responsable, respecté par tous et surtout LIBRE.

Alors que dans l’école d’aujourd’hui, celle de nos enfants, l’enseignant n’est plus libre. Il reçoit des ordres de tout le monde. Il est persécuté par tous : administration, parents d’élèves, programmes officiels détachés de la réalité, préjugés, tares de la société, misère, cynisme, recherche du gain facile et rapide sans aucun mérite ni aucun effort, média de prêcheurs fanatiques vidés de leur humanité et de leur RAISON, …

L’enseignant de nos jours est submergé par les clivages, et si on n’est pas aguerri à la lutte pour la liberté, on ne pourra jamais l’être, alors que dire de la TRANSMETTRE ?
- Dans ces conditions, à qui est la faute ?
- C’est évidemment la nôtre à nous tous : dirigeants politiques, législateurs, partis politiques, associations, parents d’élèves, instituteurs et institutrices, …

Les valeurs de l’école d’aujourd’hui sont aussi controversées parce qu’elles puisent leurs principes dans un réalisme dogmatique où il n’existe qu’un seul temps : celui du présent, qu’une seule société : celle de la consommation à crédit et enfin, où il n’existe qu’une seule et unique voix pour la paix intérieure et sociale, « celle de Dieu » avec tout ce que cela engendre de connaissances mythologiques, de simplifications, de retour à un obscurantisme qu’on croyait révolu …

- Si on ne conteste pas les programmes officiels qui font de l’enseignement de la religion une discipline scolaire et qui donnent à l’école une mission avec laquelle elle n’a rien à voir : celle de faire des élèves ,non pas de bon(ne)s citoyen(ne)s ,mais de bon(ne)s croyant(e)s en Dieu et son prophète !
- Si on n’interdit pas le voile islamique dans nos institutions éducatives ;
- Si on continue à culpabiliser les enfants, les parents et les citoyens en général, tous coupables de l’échec scolaire ,comme du sous- développement du pays, …

Alors on ne risque pas de faire avancer notre pays mais on le laissera inexorablement succomber à un obscurantisme à l’image des TALIBANS d’Afghanistan ou du Pakistan ou des GIA qui ne cessent de recruter des fidèles ou plutôt des KAMIKAZES.

Est-ce cela qu’on veut ? Est-ce cet avenir sinistre qu’on veut préparer pour nos enfants et pour notre pays ?

Intidhar Zahrouni

Institutrice

2 Messages

  • Libérons l’école : il l’ont kidnappée ! Le 28 septembre 2008 à 04:58, par Zorati

    Merci pour ce cri du coeur....Cette institutrice a ,à côté d’une assez belle plume "française"(ce qui est de plus en plus rare !) ,beaucoup de grandeur d’âme et aussi une très belle ambition : celle de faire du bien ,de faire don aux enfants qu’on lui confie , de tout ce que l’on peut donner..Oui , l’enseignement ,c’est(ou cela devrait être !) un véritable sacerdoce ,mais un sacerdoce sans Dieu ni César ,avec rien que la science ,le savoir ,l’ouverture constante sur le monde ,sur le progrès ,sur "un avenir qu’il s’agit moins de découvrir que d’inventer ..".......
    Encore Merci ,madame l’institutrice ,et bon courage ,vous en avez bien besoin par ces temps un peu sinistres qui courent ...

  • Libérons l’école : il l’ont kidnappée ! Le 12 octobre 2008 à 08:00, par ramzi fils de saida jridi

    bonjour
    en lisant le texte mon point de vu et le suivant
    1/ l’école de hier vraiment le paradis non elle est meilleur que le paradis vous parlez de votre école ou bien des écoles a votre temps ? ben si c’est votre école ok je suis d’accord avec vous même si vous exagérer un peux bref vu votre amour a votre enfance mais si vous parler des écoles a votre temps ben je suis vraiment désoler ces école n’excite pas si elle excite merci de présenter des épreuves ? car des écoles comme ca existe ?????????????
    2 / la femme la femme la femme toujours la femme en Tunisie se plain que elle n’a pas ses droit je vous ne vous suggéré pas mais je doit vous dire merci de faire une recherche a l’échelle internationale au droit de la femme en Tunisie la femme la femme la femme la femme bala bala bala bala bala bala bala bala bala bala je peux riposter juste avec une seule réponse que vous devez me répondre SVP merci de me dire le pourcentage des employés féminin ? le taux des femmes et supérieure ? une réponse SVP pas pour moi moi je connais bien la situation mais pour vous la réponse
    3 / la c ’est plus important que 1/ et 2 / on parle de qualité
    la qualité la qualité de l’enseignement je vous informe que chacun a son role dans la sociéte ok si une partie de société qui ne sait pas bien prendre ca responsabilité on doit pas jeter sa au jeune ( mal former etc...) ok c ’est vous qui donne les courts pas nous et ben c’est vous qui a la responsabilité de donne des courts au élèves si vous voyez que les courts ne sont pas a la hauteur ben changer la c’est vous du domaine c’est vous qui a la responsabilité pour quoi pleurer la politique responsable une seule question si vous voyez que le programme n’est pas a la hauteur pour quoi ne vous battez pas pour le changer c’est votre domaine pas le notre chacun a son role dans la société

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