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Micro-trottoir des déshérités :

Des absurdités de l’an 1993

jeudi 25 septembre 2008


- "Cet enfant que la vie effaçait de son livre
- Et qui n’avait pas même un lendemain à vivre
- C’est moi"
- Qui êtes-vous ?


[marron]

"Je ne suis ni un exalté ni un maniaque de l’auto publicité. Ma naissance, ma formation et mon passé me situent, clairement, du bon côté, celui de l’ordre établi. Je ne peux, tout de même, pas taire des agissements qui m’ont soulevé et m’ont fait tomber pour que je ne me soulève plus.

J’étais le responsable d’un atelier de confection totalement exportateur, inactif et incapable de m’assurer mes émoluments. Après concertations avec mes employeurs, j’ai décidé d’installer, en parallèle, un petit atelier pour le marché local.

J’ai contacté l’A.P.I. et j’ai obtenu une attestation de dépôt de déclaration dans ce sens. J’ai intéressé le banquier et il m’a prêté l’argent nécessaire à titre personnel. J’ai acheté neuf machines à coudre et mes fournisseurs sont hors de tout soupçon.

Je m’apprêtais à démarrer mon activité quand le capitaine des douanes et l’inspecteur des douanes responsable de la cellule des entrepôts francs à Skanès Monastir, ont débarqué. Ils voulaient vérifier le matériel de l’entrepôt franc auquel j’étais responsable. Nous avons procédé, ensemble, à l’inventaire des machines conformément à la liste du matériel en leur possession. Nous avons vérifié la comptabilité matière conformément à l’état des stocks et au cahier de coupe maintenu par le douanier affecté sur place. Tout était correct.

Ils m’ont demandé, par la suite, si j’ai un autre local. J’ai répondu par l’affirmative et j’ai exposé fièrement mes desseins légitimes.

Nous avons visité le nouveau local. Ils ont apposé un nouveau cadenas sur la porte et m’ont invité à les joindre le lendemain à Monastir pour apprendre que derrière la face placide de certains fonctionnaires assermentés, se terre confortablement une fantaisie stérile permettant de prendre des contemporains pour cible afin de remplir des tirelires d’actes féroces.

J’étais sommé à payer chèrement mon premier crime de vivre, mon deuxième crime de rêver, mon troisième crime d’oser et mon double crime de jouer le jeu honnêtement, franchement et loyalement sans rien dissimuler sous la table.

Ne sachant quoi faire mais agissant selon un fumeux principe lui dictant qu’il est exceptionnel et intouchable, le capitaine des douanes a ordonné le transfert de mes machines à l’entrepôt Franc où j’étais responsable et que les problèmes sociaux étouffaient petit à petit.

Le 24/12/1994 était la date fixée pour la liquidation de l’entrepôt franc et personne à la direction régionale des douanes à Sousse ou au bureau des douanes à Skanès Monastir n’était au courant de l’existence de mes machines. Toutes mes oppositions, mes revendications et mes protestations sont restées vaines. L’ordre judiciaire était donné à l’huissier notaire pour tout vendre.

Le 17/03/1997, j’étais condamné sévèrement dans un procès intenté par la douane pour détérioration partielle et totale de saisie. Quelle saisie ?!!!! Quelle détérioration ?!!!

Je ne sais quoi dire ; mais, je reste coi quand la banque m’a sommé par huissier notaire de devoir rendre l’argent qu’elle m’a prêté pour acheter les machines."

Sans autre commentaire.

[/marron]

Propos recueillis par M.Z.

La Chebba

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