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Pour promouvoir le tourisme régional à Tataouine

mercredi 24 novembre 2010

par Mabrouk Idoudi

Nous aimerions, par cet article, contribuer à la réflexion sur la promotion du tourisme tunisien et le développement continu de ce secteur vital pour l’économie tunisienne. Compte tenu de la conjoncture internationale et malgré les difficultés, les intervenants dans ce domaine- professionnels et institutionnels- misent sur sa promotion afin de favoriser l’attraction des I. D. E, les rentrés de devises, la création d’emplois, la mise à niveau et le développement régional intégré.

Le produit touristique régional

On veut résumer ainsi les atouts touristiques de la région de Tataouine :
des pics culminant à 5000 mètres, une nature constituée de monts, de falaises, de collines, de vallées, de vallons, d’oueds et de "pierres précieuses", des vestiges historiques des plus anciens (fossiles de dinosaures, peintures rupestres) aux plus récents ( ksours et villages berbères, grottes, mosquées et constructions en terre cuite), en passant par les ruines et les forteresses romaines, Leptis magna ,de Djebel Abiodh jusqu’à Ghedames …de vastes étendues désertiques aux confins du Sahara, un artisanat local vivant et les spécificités et traditions régionales : modes de vie, souks, métiers….

Ces atouts naturels et culturels ont été tant bien que mal exploités et mis en valeur pour promouvoir un tourisme régional qui demeure, malgré l’effort consenti, un tourisme d’excursion.

Pour un tourisme de séjour

Nous pensons que les caractéristiques touristiques de la région permettent de répondre aux mieux aux besoins pressants d’une diversification du produit touristique tunisien. En effet, le balnéaire étant presque saturé, le tourisme passe, aujourd’hui, du domaine du futile au domaine de l’utile : " hier, c’était voir, aujourd’hui c’est savoir".

Dans ce sens, une forte promotion du tourisme humain, c’est-à-dire culturel, du tourisme de santé, de remise en forme, de sport et de montagne peut drainer un nombre important de tourismes de toutes les nationalités ; il s’agit de motiver la curiosité du touriste, de l’émouvoir, de lui offrir un circuit adapté de randonnées en montagne, à dos de chameaux…, de pistes de course bien aménagées, avec des relais au bord des oasis (sénias) ou en haut des montagnes, dans les ksours ou les grottes etc.

Pour ce qui relève du tourisme de santé, nous suggérons quelques idées "commercialisables" :

On pourrait procéder à des actions de partenariat (public - privé,
tuniso – européen , inter – régional…) pour améliorer l’infrastructure existante (680 lits) et penser à construire des hôtels dans les espaces naturels en haut des montagnes ou en rase campagne, des sanatoriums, etc. Ces établissements peuvent drainer une clientèle ciblée : personnes stressées, personnes âgées, retraités, handicapés….

Par ailleurs, et à l’instar de ce qui passe ailleurs, nous appelons à la mise en valeur du passé historique de la région, en aménageant pour le tourisme la route romaine de Leptis magna, dans le Djebal Abiodh, Beni Barka, Maztouria, Temellesset, Ksar Soltan,…jusqu’à Remada, ainsi que des visites guidées aux ruines, sur les traces des ancêtres romains…
A cet effet, la nécessité de guides- conférenciers s’impose pour mieux assister le touriste dans sa découverte et le fidéliser…

Pour une meilleure insertion du tourisme dans la réalité sociale, environnementale, économique et locale, nous préconisons la création d’une société d’animation touristique pour gérer les loisirs du touriste et satisfaire au besoin de son séjour par des activités et animation diverses.

Nous appelons, d’autre part, à revoir l’organisation du festival des Ksours sahariens, pour qu’il réponde mieux à l’impératif de la reconnaissance de l’identité de la communauté d’accueil, en plus de l’enrichissement de sa dynamique sociale et culturelle, et de confier à des spécialistes la charge de sa programmation et la gestion de ses diverses manifestations, l’axiome étant : "Là où va l’élite, va la masse !..."
Il faudrait, en plus, coordonner la promotion du tourisme régional avec les autres gouvernorats du sud ayant en commun le même produit touristique, à savoir la chaîne de montagnes, de Matmata à Beni Khedache et Tataouine. Et pourquoi ne pas envisager un téléphérique qui répondrait au besoin d’espace, de nature, de vues panoramiques introuvables ailleurs ? Un tel projet pourrait transformer positivement la vie économico- sociale et culturelle de la région.

Il va sans dire que, pour réaliser tout ce programme de promotion touristique régionale, la nécessité s’impose de ne pas le confier à des institutions qui ont fait la preuve de leur inefficience.

Il faudrait d’abord pallier les défaillances dans l’accueil touristique, le manque d’entreprises de loisirs, l’absence de créations culturelles et l’indigne des moyens. Il faudrait programmer la création d’une école touristique pour former des agents spécialisés. Il convient aussi d’impliquer davantage les citoyens conscients de cet enjeu dans certaines actions de promotion et favoriser l’immobilier touristique individuel et le gîte touristique chez l’habitant.

Cette dynamique de développement régional ne peut être menée efficacement que par des professionnels dont la compétence, la polyvalence et la largesse d’esprit permettraient une adéquation entre la commercialisation, la promotion et la réalité du tissu de l’économie touristique locale.

Et pourquoi pas ne pas tenir une conférence régionale sur le sujet, à laquelle seraient conviées des personnalités de la société civile, en plus des professionnels, pour débattre de ce sujet ?

Mabrouk Idoudi - Tataouine

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