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Après le discours présidentiel

Quelques idées pour avancer

samedi 20 novembre 2010

Par Abdelaziz Messaoudi

Le discours très attendu du Président de la République du 7 novembre 2010 a évoqué les grands problèmes auxquels notre pays est confronté et qui ont fait l’objet de déclarations, de prise de positions et de propositions de plusieurs composantes de l’opposition. Il faut remarquer, d’abord, qu’il a évité de se prononcer sur la campagne d’appels qui lui sont adressés pour briguer un sixième mandat, en dépit des stipulations formelles de la Constitution.

Cette omission pourrait à la fois expliquer l’essoufflement, remarqué ces derniers temps, de ladite campagne et présumer ses réserves sur la méthode, le choix du moment ou la manière dont elle a été lancée et menée. Et s’il en est ainsi, cela voudrait dire que le Président se serait rangé à l’idée que l’essentiel, pour le moment, réside dans la recherche de solution aux problèmes majeurs et incontournables de la réforme du système politique devenu anachronique et qui constitue de plus en plus un frein au développement du pays à tous les niveaux et dans tous les domaines.

Ensuite, et sans revenir sur les nombreuses propositions et décisions annoncées – dont certaines sont tout à fait positives, comme celles concernant le statut et les droits de la femme tunisienne – nous en examinerons quatre, qui concernent plus directement la vie politique dans notre pays.

Voyons d’abord la crise de la ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) : le discours réaffirme l’importance de cette organisation, considérée comme un acquis national, et annonce l’engagement des autorités à favoriser un dénouement rapide avec la participation de toutes les parties concernées dans un délai ne dépassant pas les six mois.

Cette proposition a été évaluée à sa juste valeur par la direction de la ligue, et on ne peut qu’espérer que les promesses seront tenues afin de clore ce dossier qui n’a que trop duré, avec les aspects négatifs qu’il n’a pas manqué d’engendrer pour la défense des droits de l’homme dans notre pays et pour son image de marque à l’extérieur.

Comme l’a affirmé à juste titre le communiqué de la ligue, l’élément essentiel de tout règlement de la crise sur lequel on ne peut tergiverser, c’est celui du respect de son indépendance à l’égard de tous les partis politiques sans exception.

Un autre point important évoqué est celui du contrôle des élections. La proposition avancée ne répond, à l’évidence, à aucune des principales revendications de l’opposition démocratique concernant la révision radicale du code électoral, qui constitue la clé de voûte de toute réforme démocratique du système électoral en vigueur. Une telle réforme doit s’étendre, à notre avis, à toutes le étapes du processus électoral, à commencer par l’enregistrement sur les listes des électeurs jusqu’au dépouillement du scrutin et l’annonce des résultats. Des propositions concrètes et précises garantissant la neutralité de l’administration, l’honnêteté et la transparence du vote, et partant la crédibilité des élections peuvent être examinées dans le cadre d’une Commission nationale indépendante de supervision des élections, dont la composition serait fixée d’un commun accord entre toutes les parties concernées, comme l’a revendiqué à plusieurs reprises le Mouvement Ettajdid.

La décision d’élargir le Conseil supérieur de la Communication à tous les « partis parlementaires » qui, en clair, lève l’exclusive sur notre mouvement, est insuffisante et pourrait rester sans effet, si elle ne s’étend pas à l’ensemble des partis légaux, et si les prérogatives du Conseil ne sont pas révisées pour lui donner les moyens de devenir un véritable organe indépendant de contrôle et de supervision de la scène médiatique nationale, regroupant les partis parlementaires.

La proposition d’instituer une rencontre périodique des partis représentés au Parlement – outre qu’elle ne peut émaner que des partis eux-mêmes – pourrait avoir une réelle signification à la double condition de concerner tous les partis et les organisations nationales représentatives, et de la doter d’un statut qui lui permette de se muer, comme l’a proposé le Mouvement Ettajdid dans sa déclaration citée plus haut, en un Conseil permanent pour le « développement politique et la promotion du pluralisme ».

Plus qu’un forum de discussion et d’échange de points de vue, limité dans sa composition et ses attributions effectives, un tel Conseil permanent pourrait devenir le cadre idoine de concertation, de débats francs et contradictoires, ouvert aux différents courants de pensée qui animent la société tunisienne, afin de s’atteler ensemble à la recherche fructueuse de solutions consensuelles aux grands problèmes nationaux qui doivent être inscrits régulièrement à l’ordre du jour de ses réunions. Des consultations préalables à son institution devraient aboutir à une conception concernant sa composition et son rôle. Le Mouvement Ettajdid est entièrement disposé à y contribuer.

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