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Immobilisme ou réformisme prudent ?

lundi 1er novembre 2010

Tarek Chaabouni

Il est fréquent d’entendre nôtre gouvernement répliquer aux critiques ou observations qui lui viennent de toutes parts qu’il agit avec prudence, selon un rythme étudié qui serait le plus conforme aux caractéristiques fondamentales de la Tunisie. Les critiques ne seraient que le fruit d’une méconnaissance profonde du pays, de ses pesanteurs, de son évolution récente et des fruits recueillis par le pays grâce à cette méthode.

Avouons d’abord que le mot réformisme ne nous fait pas peur et qu’ayant constaté les résultats mitigés de « réformes structurelles » et « socialismes » scientifiques universels ou spécifiques à une région, nous avons appris à mesurer toutes les proclamations à leurs effets concrets et toutes les méthodes au bien-être vécu et ressenti par les populations concernées.

Alors qu’approche la saison des célébrations et que nos gouvernants se préparent un « futur éternel » aux commandes du pays, un bilan d’étape serait utile et bienvenu. Et, suprême élégance de nôtre part, reconnaissons à la partie opposée tous les points positifs réalisés et qui vont d’une stabilisation d’une situation politique proche d’une guerre civile larvée au rétablissement des grands équilibres économiques et financiers d’un pays au bord de l’asphyxie et qui plus est réalisé en préservant les équilibres sociaux et le visage intellectuellement et socialement avancé qui caractérise nôtre pays depuis son indépendance.

Ces réalisations qui correspondaient aux attentes et aux espoirs d’une large partie de l’opinion publique, et des milieux démocratiques et progressistes ont donné l’élan à l’étape ultérieure où l’effort conjugué de tous les acteurs a permis une amélioration du niveau de vie en même temps qu’une adhésion négociée à la zone de libre-échange avec l’Union Européenne accompagnée d’ une mise à niveau de nôtre tissu industriel .

Néanmoins, ces résultats si importants soient-ils font désormais partie d’un passé révolu et qu’ils ne sont pas susceptibles de prolonger leurs effets sur les étapes futures de nôtre vie nationale puisqu’ils ont commencé à montrer leurs limites depuis longtemps. En effet, depuis près d’une décennie(et plus précisément les effets du 11 septembre 2001),nous « résistons » vaillamment aux « répercussions » des crises et des « chocs externes » ; et les défauts de la première étape (monopolisation de la vie politique et de la décision, restriction et encerclement des espaces de liberté entre autres) loin de s’atténuer, se sont accentués pour constituer en eux-mêmes un frein majeur à l’évolution de nôtre pays.

Une décennie presque perdue , alors qu’ailleurs dans le monde, des pays proches ou lointains (Turquie et Brésil à titre d’exemple) ont avancé à grands pas, prouve que le contexte mondial n’est pas aussi défavorable que nos gouvernants le disent. Quels sont donc les nombreux blocages qui entravent la marche de nôtre pays ?

La clé du progrès dans la période à venir réside dans l’évolution de la situation politique, devenue pour ainsi dire « mère des batailles »,car c’est le domaine qui a le moins progressé et l’on peut même estimer à plusieurs signes visibles (dont la presse en dehors d’ Attarîq et Al mawqîf) qu’elle a regréssé.

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