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La légitime colère des médecins et des enseignants

dimanche 26 septembre 2010

La rentrée sociale sera bien chaude, avec l’annonce de plusieurs grèves, notamment dans les secteurs de la santé et de l’enseignement secondaire ( le 14 octobre pour la santé et le 27 pour le secondaire).

Ces deux secteurs, des plus stratégiques pour l’avenir du pays, sont touchés de plein fouet par les disproportions de plus en plus marquées entre l’accroissement important des besoins de salariés, d’une part, et le quasi gel de leurs pouvoir d’achat pendant les deux dernières décennies, d’autre part ; si bien qu’ils arrivent difficilement à faire face même aux dépenses courantes. Médecins et enseignants, toutes catégories confondues, rendent, faut-il le souligner, d’éminents services aux citoyens, ce qui leur a valu, naguère, le respect et l’estime de la société et un statut social des plus prestigieux.

Un statut social aujourd’hui malmené par la détérioration de leurs conditions de vie et de travail, alors qu’ils sont en droit d’attendre que la société leur assure des revenus décents pour qu’ils se consacrent totalement et exclusivement à leur noble tâche d’éduquer la jeune génération pour les uns, et de soigner les citoyens, pour les autres.

Leur métier exige, plus que tout autre, une formation et un perfectionnement continus, de plus en plus incontournables et coûteux au vu de l’évolution fulgurante des sciences et des techniques.

Enseignants et médecins sont, certes, conscients que la grève pénalise avant tout les élèves et les citoyens, et ils n’y vont jamais de gaieté de cœur. Et s’ils décident aujourd’hui d’y recourir, c’est qu’ils y ont été acculés par les atermoiements et les manœuvres dilatoires d’une administration qui a pris l’habitude de laisser pourrir la situation avant de réagir.

Les revendications des médecins sont des plus légitimes : révision de la prime de garde, afin qu’elle constitue une juste récompense des efforts pénibles et de plus en plus risqués au vu des conditions de travail dans les urgences ; déplafonnement de leur carrière, qui culmine actuellement à 11 années de service ; une rémunération juste du corps des médecins dentistes, qui respecte la parité des salaires, et d’une façon générale l’amélioration sensible de leur niveau de vie, gravement hypothéqué par le tassement des salaires pratiqué dans le cadre de négociations sociales triennales. Autant de revendications qui font l’objet d’accords consignés dans des procès-verbaux signés conjointement par leur syndicat et le ministère de tutelle et restés sans suite !

Quant aux revendications des enseignants du secondaire, elles concernent également la revalorisation de certaines primes et la prise en considération de la pénibilité grandissante de leur métier.

Le gouvernement ne cesse d’affirmer la priorité qu’il accorde aux secteurs de la santé et de l’enseignement, qui font officiellement l’objet de « réformes » et « de mise à niveau » : il ne peut ignorer la question cruciale du relèvement du niveau de vie des principaux acteurs de ces secteurs vitaux. Il serait bien inspiré de satisfaire leurs revendications légitimes et d’enrayer le processus de paupérisation de ces représentants des couches moyennes, dont le discours officiel se plaît à répéter qu’elles constituent la majeure partie de notre société.

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